LE PROJET 2012 DE RÉPUBLIQUE SOLIDAIRE

La refondation républicaine Notre identité française, c'est notre modèle social Une ambition française dans le monde Modèle Économique Le projet citoyen

Redéfinition de la politique africaine de la France

Fri, Apr 15 2011 10:56pm CEST 1
Soussi
Soussi
17 Messages
Depuis 2007, l'Afrique francophone se sent délaissée par la France. La France ne joue plus son rôle de "grande soeur", et le ministère de la coopération, qui en représentait auparavant la "porte d'entrée", n'est plus que l'ombre de lui-même. Les conseillers "Afrique" n'ont plus de vision à long terme de l'Afrique, si tant est qu'ils en aient même une vision. La France a été absente des célébrations du cinquantenaire des indépendances. Les ambassadeurs, sortant de leurs réserves, disent leurs préoccupations.
En revanche, ces derniers mois, elle intervient militairement en Libye et en Côte-d'Ivoire, il est vrai dans le cadre de résolutions de l'ONU. Les images insupportables d'un président en "maillot de corps" ont fait le tour de l'Afrique.
Le projet 2012 de République solidaire précise que : "Notre pays a un devoir d’adaptation au nouveau monde. Je propose que notre diplomatie soit redéployée vers les pays émergents où sont l’essentiel des enjeux aujourd’hui. Nous avons enfin un devoir d’indépendance. Le retour dans le commandement intégré de l’OTAN a rogné nos marges de manoeuvre. Nous devons en sortir avec la garantie d’une Europe de la Défense plus indépendante".
Quelles que soient nos nationalités, nos compétences, ou nos expériences, apportons ici nos contributions afin de redéfinir la politique africaine de la France.
Sat, Apr 16 2011 09:49am CEST 2
Paul
Paul
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En proposant que la diplomatie française soit redéployée vers les pays émergents, doit-on comprendre que ce "redéploiement" pourrait se faire au détriment des pays "du sud" ?

Les pays émergents sont des pays dont le PIB/habitant est inférieur à celui des pays développés, mais qui vivent une croissance économique rapide, et dont le niveau de vie ainsi que les structures économiques convergent vers ceux des pays développés.

Le concept de pays émergents est né dans les années 1980 avec le développement des marchés boursiers dans les pays en développement. Le premier à utiliser le terme « émergent » est un économiste néerlandais en 1981 pour parler de pays en développement offrant des opportunités pour les investisseurs.

La définition des pays émergents est évidemment floue. On considère généralement que les pays émergents sont les pays en développement qui ne font pas partie des pays les moins avancés.

La Banqe mondiale et le FMI ont introduit la notion d'initiative pour les pays très endettés (PPTE), qui concernent 33 états africains. Enfin, ne devrait-on pas analyser les résulats du Club de Paris, pour éventuellement en améliorer l'efficacité ?

Sat, Apr 16 2011 12:37pm CEST 3
Soussi
Soussi
17 Messages
Paul, votre observation est très juste, la notion de "pays émergent" est pour le moins à géométrie variable !
Lors de la défition détaillée du projet 2012, ces précisions devront être apportées, afin de lever tout ambiguïté, préjudiciable à la bonne compréhension de la nouvelle diplomatie française.
Tue, Apr 19 2011 08:42am CEST 4
Paul
Paul
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Article pertinent, hélàs !
http://www.slateafrique.com/1473/cote-d%E2%80%99ivoire-touche-pas-mon-expat%E2%80%99
Tue, Apr 19 2011 01:23pm CEST 5
Paul
Paul
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COTE-D'IVOIRE - extraits d'articles

"Gbagbo, comme Allende dans le palais de la Moneda au Chili en 1973, encerclé par les valets de l’impérialisme Français est resté. Là où tout le monde se serait enfuit, Gbagbo est resté ! Avec sa femme, ses enfants et sa mère! Parce qu’il est le seul président reconnu par la constitution ivoirienne, parce qu’il n’a pas un appartement qui l’attends à Londres, à New York ou à Paris et pourquoi risquer l’arrestation s’il avait des milliards dans les banques Suisses ? Il est resté pour vivre jusqu’au bout la « Tragédie du roi Christophe », et pour qu’enfin « le masque tombe » et que l’on découvre Ouattara, l’homme qui arrive au pouvoir dans un char français, le président de l’ONU, celui qui comme sa femme est un étranger à la solde des puissances de l’extérieur, car qui d’autre qu’un étranger, plutôt que de procéder au recompte des voix que Gbagbo appelait de tous ses vœux, aurait fait appel à une armée de mercenaires pour tirer sur son peuple ! Je revois Gbagbo assis sur son lit, désabusé, livré par la France aux zouaves noirs qui derrière lui sont en train d’humilier Simone, sa femme, et son regard dit la dernière phrase de Gabriel Péri devant le pelletons d’exécution de l’occupant Allemand : « Imbéciles, je meurs pour vous ».

La France aidée de « Collabos » africains, nous maintient dans un appauvrissement permanent en faisant jouer les institutions internationales en sa faveur pour justifier les coups d’états militaires et les assassinats politiques qui ont pour fonction de réduire au silence les véritables leaders d’une indépendance réelle. Elle a forcé l’organisation d’élections dans un pays divisé par une rébellion armée qu’elle manipulait en sous main pour bourrer les urnes et nous imposer son négrier Ouattara, le grand ami de Compaoré l’assassin de Sankara. L’ennemi est en face. Hier c’était un chasseur d’homme avec son chien, son filet, sa muselière, aujourd’hui il est noir comme vous, il porte un costume, mais il est toujours à la solde de la France. Et croyez moi, les enjeux financiers en valent la chandelle! Ces enjeux, Mamadou Koulibally, président de l’assemblée nationale ivoirienne, les a expliqué dans un livre (1) que les nègres, comme d’habitude ne liront pas, parce qu’ils préfèrent se référer à la presse française, qui selon eux est plus crédible puisqu’elle est blanche. Cette presse française très habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les ignobles réponses qu’elle y apporte. Or que peut-on attendre d’un journaliste lorsqu’il travaille pour Bouygues ou Bolloré? Elle ne raconte pas, la presse française, les intérêts de France-télécom qui a bénéficié d'une convention de privatisation dont elle n’a jamais respecté les clauses, ni des conventions obtenues, de gré à gré, par Bouygues, sur l'eau et l'électricité à l'époque où le chef des rebelles, Ouattara, était Premier ministre, ni de l’autoroute du Nord que la France obligeait Gbagbo à confier au même groupe Bouygues.

Elle est belle l’Afrique, avec ses héros morts que l’on célèbre et qui ne sont plus que des noms de rue, des places publiques et des boulevards à putes en banlieue Parisienne. Il n’est plus utile de gloser sur les résultats réels des élections Ivoiriennes, il est clair aujourd’hui que la France, comme jadis au Biafra, est le véritable instigateur de la rébellion en Cote d’ivoire, puisqu’elle s’est battue à sa place dans la bataille d’Abidjan. Pauvres Nègres, réduits à nos folklores et nos querelles de poux autour de nos indépendances nominales que les négriers Français avec la complicité de nos Etats redéfinissent au gré des circonstances ; vos réactions ne surprennent personne bien au contraire. A l’heure où le monde arabe dans un immense élan fraternel se révolte contre les dictatures que lui ont imposé la CIA depuis trente ans, les Nègres que nous sommes courbent l’échine et accepte le dictat Français. Cette même France qui a déporté Bamba, déporté Samory, liquidé El Hadji Omar, la France de la traite négrière, du travail forcé, de la colonisation, celle qui nous vole 69 % de nos devises en échange de la monnaie de singe qu’est le CFA (Colonies Françaises d’Afrique) et qui plus récemment a assisté l’autorité Hutu lorsqu’elle exécutait 800 000 Tutsi, la France qui bourre les urnes au Gabon et au Togo, celle qui chasse Lissouba du pouvoir pour s’emparer du pétrole Congolais, cette même France qui humilie vos frères et sœurs tous les jours dans toutes les préfectures de France et de Navarre, vous demande de croire au canular monté de toute pièce par la diplomatie française et les flics de la presse et en bon nègre vous courbez l’échine. L’armée Française n’est rien elle a perdu toutes les guerres depuis Sedan, elle ne gagne que contre les Nègres. Vous pourrez désormais regarder vos enfants et en toute confiance leur promettre un avenir pire que le votre, nous n’avons été que les larbins de la France, ils en seront les esclaves..."

Qu'on le veuille ou pas, il faut faire ce constat que les africains voient actuellement la France comme décrit ci-dessus.

Mon, Apr 25 2011 07:11am CEST 6
Michel E*****
Michel E*****
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Paul, il n 'ya pas que les Africains qui voient la France comme vous le dites, beaucoup de Français la voient aussi comme ça. Mais le fait que nous ayions de la France une vision si différente de celle qu'elle prouve être en réalité devrait nous inquiéter : peut-être bien que la France que nous avons connue n'est plus qu'un souvenir écrasé raplati rikiki par sarkozy tout petit, qui rabaisse tout ce qui l'entoure au niveau du caniveau pour assouvir son désir de domination. L'intégration au grand marché "libre" est à ce prix : le nivelage de notre pays. Les amateurs d'histoire savent ce que veut dire niveller : ça veut dire plus que soumettre; cela signifie ôter toute possibilité d'exister par soi-même, donc plus d'indépendance. On est donc "libérés" mais pas indépendants et si ça continue, cela risque de saigner par chez nous d'ici à quelques années.
Wed, Apr 27 2011 08:00am CEST 7
Claude
Claude
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Oui Michel E*****, cette vision de la France par des africians est pour le moins pessimiste, mais hélàs réaliste ! Reprendre pied dans ce continent va prendre du temps, de la patience, de l'énergie, avec le secours d'hommes de bonne volonté.
Wed, Apr 27 2011 08:01am CEST 8
Claude
Claude
38 Messages
Oui Michel E*****, cette vision de la France par des africains est pour le moins pessimiste, mais hélàs réaliste ! Reprendre pied dans ce continent va prendre du temps, de la patience, de l'énergie, avec le secours d'hommes de bonne volonté.
Thu, May 12 2011 07:20am CEST 9
Claude
Claude
38 Messages

DJIBOUTI - La France se déconsidère en envoyant un ministre à une telle investiture.

Le président de la République de Djibouti Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, a prêté serment le 8 mai pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de son pays. Un troisième mandat brigué grâce à une révision constitutionnelle adoptée en 2010 par un Parlement entièrement acquis à sa cause.

Le président sortant avait réélu le 8 avril dernier avec 80,63 % des suffrages, lors d’une élection présidentielle boycottée par une partie de l'opposition. Lors de la cérémonie d'investiture, Ismaël Omar Guelleh s'est engagé à lutter contre le chômage et promit la construction d'une voie ferrée électrique reliant Djibouti à la capitale éthiopienne Addis-Abeba. En revanche, celui qui avait assuré il y a un mois au moment des résultats que ce mandat serait son dernier ne l'a pas rappelé lors de son discours d'investiture. Un discours prononcé devant un parterre de politiques dont l'Indépendant Mohamed Warsama Ragueh, seul et unique candidat à s’être présenté devant le président sortant. La cérémonie s'est déroulée au Kempinski Palace de Djibouti en présence également de leaders étrangers dont le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, le président somalien Sharif Cheikh Ahmed, le vice-président yéménite Abdrabouh Mansour Hadi et le Premier ministre rwandais Bernard Makuza. La France et les États-Unis étaient représentés respectivement par Henri de Raincourt, ministre chargé de la Coopération, et Karl Wycoff, sous-secrétaire d'État adjoint aux Affaires africaines.

Mais la présence la plus remarquée fut celle du président soudanais Omar El-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2009. Premier chef d'État en exercice visé par un mandat d'arrêt de la CPI, Omar el Béchir est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis au Darfour, et depuis 2010, pour crime de génocide toujours commis dans cette région de l'ouest du Soudan. La présence du président soudanais à l’investiture du président Guelleh est une nouvelle gifle infligée à la crédibilité de la Cour pénale internationale. Après le Kenya et le Tchad, Djibouti est le troisième pays membre de la CPI à accueillir le président O. el Béchir en moins d'un an. Les statuts de la CPI obligent pourtant les pays membres à arrêter sur leur territoire toute personne faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par la justice internationale.

Fri, Dec 23 2011 12:08pm CET 10
Guett
Guett
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Sun, Apr 22 2012 09:10am CEST 11
Claude
Claude
42 Messages
Quels que soient les candidats, le sujet Afrique a été soigneusement évité ; il faudra bien, pour le nouveau président, et compte tenu des erreurs dramatique faites par l'ancien, redéfinir une véritable politique avec l'Afrique, et en particulier l'Afrique francophone. "Elle" attend, soyons au rendez-vous, avec beaucoup d'humilité.
Sun, Apr 22 2012 05:14pm CEST 12
Soussi
Soussi
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Claude, très juste votre commentaire, mais il ne faut pas attendre trop longtemps, juste les législatives, et ce qu'il en sortira ensuite.
Sun, Apr 22 2012 07:04pm CEST 13
Thomas
Thomas
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La première mesure à prendre, en direction de l'Afrique, est de recréer un ministère à part entière, chargé de la coopération et de la francophonie. J'écris bien "à part entière", c'est-à-dire ni un minsitère rattaché aux affaires étrangères, et encore moins un secrétariat d'Etat.
Thu, Apr 26 2012 11:42am CEST 14
Thomas
Thomas
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Aujourd'hui, à Ouagadougou, est introduite l'instance en justice sur la disparition du président Thomas Sankara, formant plainte contre X pour séquestration sur la personne de l’ex-Président du Faso. En effet, depuis le coup d’Etat du 15 octobre 1987, le Président Thomas Sankara n’est plus réapparu. Son corps n’a jamais été remis à sa famille, ni à ses parents. La demande de test ADN introduite par la famille de Thomas Sankara afin de savoir si le corps qui se trouverait dans la tombe au cimetière de Dagnoên est bien celui de Thomas Sankara, est restée sans suite. En 1997, une plainte contre X pour assassinat et faux en écriture administrative avait été déposée mais a été déclarée irrecevable. Face à cette décision judiciaire, et devant le fait que le corps de Sankara n’a jamais été présenté à ses parents, une nouvelle plainte a été déposée, en 2002, pour séquestration. Le 26 avril, les avocats de la partie civile tenteront de casser un arrêt de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Ouagadougou, rendu en 2003. Cela devrait permettre l’ouverture d’une enquête judiciaire sur l’affaire Thomas Sankara.
Thu, Apr 26 2012 11:45am CEST 15
Thomas
Thomas
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Aujourd'hui, à Ouagadougou, est introduite l'instance en justice sur la disparition du président Thomas Sankara, formant plainte contre X pour séquestration sur la personne de l’ex-Président du Faso. En effet, depuis le coup d’Etat du 15 octobre 1987, le Président Thomas Sankara n’est plus réapparu. Son corps n’a jamais été remis à sa famille, ni à ses parents. La demande de test ADN introduite par la famille de Thomas Sankara afin de savoir si le corps qui se trouverait dans la tombe au cimetière de Dagnoên est bien celui de Thomas Sankara, est restée sans suite. En 1997, une plainte contre X pour assassinat et faux en écriture administrative avait été déposée mais a été déclarée irrecevable. Face à cette décision judiciaire, et devant le fait que le corps de Sankara n’a jamais été présenté à ses parents, une nouvelle plainte a été déposée, en 2002, pour séquestration. Le 26 avril, les avocats de la partie civile tenteront de casser un arrêt de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Ouagadougou, rendu en 2003. Cela devrait permettre l’ouverture d’une enquête judiciaire sur l’affaire Thomas Sankara.
Thu, Apr 26 2012 11:46am CEST 16
Thomas
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Thu, Apr 26 2012 11:49am CEST 17
Thomas
Thomas
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Ne nous leurrons pas, la France et les EU feront tout pour que la vérité n'éclate au grand jour !
Wed, May 2 2012 10:21am CEST 18
Claude
Claude
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RELATIONS FRANCO-AFRICAINES A COMPTER DU 6 MAI

Dans cinq jours très exactement, les jeux seront faits en France pour cinq ans puisque les électeurs auront choisi entre le président sortant, Nicolas Sarkozy, et son « challenger», François Hollande, qui n'a pas cessé de faire la course en tête durant toute la campagne. Même si la victoire du second est probable, n'anticipons pas sur les résultats de ce second tour mais, en revanche, arrêtons-nous un instant sur les enseignements de la campagne qui s'achève et tirons en par anticipation les enseignements pour l'Afrique.

Des enseignements qui peuvent se résumer ainsi : aucun des candidats en lice n'a jugé nécessaire de parler sérieusement du continent et des relations que la France entretient avec lui, mais l'Afrique s'est trouvée constamment au cœur des débats du fait de la polémique concernant l'immigration.

Certes, François Hollande s'est dit résolu à rompre avec « des pratiques qui ont desservi la France et l'Afrique » mais il n'a rien dit sur la politique qu'il suivrait à cet égard s'il était élu. Quant à Nicolas Sarkozy, il ne s'est pas montré plus prolixe, se contentant d'évoquer ici et là les relations privilégiées qui existent encore avec certains pays africains, mais se gardant d'esquisser un programme pour les conforter s'il sortait vainqueur de la confrontation. Conclusion évidente : l'Afrique a bien été la grande absente de l'interminable campagne électorale qui s'achève.

Dans le même temps cependant, et c'est là le côté paradoxal de l'affaire, l'Afrique s'est trouvée constamment en première ligne à travers les polémiques incessantes sur l'immigration qui constituait l'une des cibles privilégiées des deux camps. Faisant plus ou moins leurs les thèses du Front national de Marine Le Pen afin de récupérer les voix de ses électeurs, les candidats de droite et de gauche n'ont pas cessé de clamer leur volonté de limiter l'afflux des étrangers sur le sol français, de dénoncer l'immigration illégale qu'elle nourrit, de mettre en question le regroupement familial et les autres pratiques qui favorisent l'arrivée des étrangers. Ils ont développé des thèses plus ou moins nationalistes qui ne ressemblaient guère à la tradition française d'ouverture sur le monde.

Le plus amusant dans cette affaire - si j'ose dire - est que le président élu dimanche au soir du second tour va devoir appliquer une politique inverse de celle qu'il aura exposée aux Français pour se faire élire. Ceci pour deux raisons :

1) La France n'a pas les moyens de lutter contre l'immigration africaine ou autre, il suffit pour s'en convaincre de parcourir les banlieues de toutes ses grandes villes. Son gouvernement aura beau multiplier les reconduites à la frontière, les immigrés afflueront sur son sol comme d'ailleurs sur le sol de ses voisins européens. Et plus il multipliera les interventions comme celle menée récemment en Libye, plus il accentuera ce mouvement. La seule façon de limiter, puis de mettre un terme à l'immigration sauvage serait d'aider les pays du Sud à se développer. Mais jusqu'à présent aucun dirigeant français ne l'a encore compris ou n'a osé le dire à ses compatriotes.

2) La France, comme certains d'entre nous l'avons écrit ici même à maintes reprises, sera forcée, qu'elle le veuille ou non, de se tourner vers l'Afrique si elle veut continuer à peser sur l'évolution du monde, voire être seulement entendue. Plongée dans une crise économique et financière dont elle va mesurer très vite l'ampleur, supplantée par l'Allemagne à la tête de l'Union européenne, ayant commis l'erreur de distendre ses relations avec ses partenaires africains, incapable de mettre un terme aux agressions que mènent depuis son sol des organisations manipulées par ses adversaires occidentaux, elle devra opérer dans les mois à venir un virage à trois cent soixante degrés.

Laissons donc le nouveau président français s'installer à l'Élysée. Nous le verrons très vite changer de langage et d'attitude car le puissant appareil que constitue l'État français a pris, lui, la juste mesure des erreurs commises au cours des trente dernières années par les dirigeants politiques. Et l'on peut être certain qu'il ne laissera pas se poursuivre plus longtemps la décadence à laquelle ces erreurs condamnent irrémédiablement la France.

Tue, May 8 2012 03:23pm CEST 19
Thomas
Thomas
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Et bien voilà, mais je n'ai jamais constaté que la gauche française avait une politique africaine cohérente, respectueuse des peuples, en un mot en rupture avec la Franceafrique ! Attendons la nomination du ministre des affaires étrangères.
Wed, May 16 2012 10:53pm CEST 20
Claude
Claude
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Le nouveau ministre des AE est Laurent Fabius. Aucune expérience africaine !
Thu, May 17 2012 05:44am CEST 21
Claude
Claude
42 Messages

Laurent Fabius, le mitterrandien, sera-t-il l'homme de la rupture ou fera-t-il le grand écart au nom du rayonnement de la France, entre les grands principes et la survie du pré carré ? La question se pose mais, pour un diplomate français, « Laurent Fabius n'est pas l'homme des anciennes pratiques ». Il n'est pas non plus un grand connaisseur de l'Afrique, comme d'ailleurs Hollande.

Concernant les relations avec l'Afrique, il a été créé le ministère chargé du Développement, en lieu et place du ministère de la coopération. Le glissement sémantique ne doit rien au hasard. Francois Hollande vient de tourner une page dans l'histoire des relations entre la France et l'Afrique, comme il avait annoncé durant la campagne électorale.

Et pour bien marquer cette volonté de rupture, le nouveau ministre délégué chargé du Développement n'est pas un familier des affaires africaines. Pascal Canfin était le conseiller économique d'Eva Joly, pourfendeuse de la Françafrique. Le nouveau ministre chargé du Développement dépendra donc du ministre des Affaires étrangères. Et c'est le titulaire de ce portefeuille, Laurent Fabius, qui s'occupera des dossiers politiques.

Il aura notamment à gérer l'épineux dossier Mali, dont la moitié du territoire est désormais sous le contrôle d'al-Qaïda au Maghreb islamique et de ses alliés d'Ansar Dine. La situation au Mali est également une priorité du nouveau président. François Hollande a eu, il y a quelques jours, un entretien téléphonique avec le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, et durant la campagne, il a rencontré discrètement à Paris le chef de l'Etat Nigérien, Mamadou Issoufou.

Fri, Jun 1 2012 02:06pm CEST 22
Claude
Claude
42 Messages
L'Afrique s'invite à Paris, le Président du Bénin Boni Yayi a rencontré longuement le Président Hollande, pour parler en particulier de la situation au Mali. Ils auraient convenu de saisir l'ONU, compte tenu du risque de déstabilisation de la sous-région, en appui à l'UA et à la CEDEAO, qui ne peut aller au delà de salogique de consensus.
Fri, Jun 1 2012 03:17pm CEST 23
pepereronchon
pepereronchon
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http://www.africa-libre.com/fr/politique/678-generale/1946-pour-une-nouvelle-position-de-la-france-en-afrique
Sat, Jun 2 2012 08:02am CEST 24
Claude
Claude
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Excellent article Pepreronchon, qui fait parfaitement la synthèse des problèmes à résoudre rapidement avec la nouvelle équipe. Mais l'urgence, pour moi, et compte tenu de la situation financière de l'Europe, est la parité du franc CFA, souci partage par tous les économistes du continent.
Sat, Jun 2 2012 08:22am CEST 25
pepereronchon
pepereronchon
392 Messages
il est évident que le franc CFA est un handicap sérieux pour l'Afrique francophone et im pénalise durement toutes les exportations de ces pays. Cet aspect est d'ailleurs évoqué dans l'article cité plus haut:
"

d) L’aspect financier et monétaire

Sur le plan financier et de la monnaie, il y a pour le moins une étude à faire des deux cotés.

  • Faire le bilan de l’intérêt du franc CFA rattaché à l’euro et de sa convertibilité. Etudier peut être une monnaie commune à l’Afrique francophone mais qui serait flottante par rapport à l’euro.
  • Voir le rôle des banques centrales, leur lien avec la BCE, la dynamisation de l’ensemble pour un accès au crédit pour l’investissement plus performant qu’actuellement, la possibilité d’interventions sur des marchés extérieurs à la zone UMEOA et UMAC."

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