Dec
31st
Voeux pour 2010.
By miss nicopeia
BONNE ANNéE A TOUTES ET A TOUS! ET REFUSEZ LES VACCINS!....
.......contre la joie de vivre!
Dec
31st
Karzaï a perdu la mémoire?
By grignouAfghanistan/bavure: Karzaï hausse le ton
Le gouvernement afghan a exigé aujourd'hui que les étrangers qui
ont selon lui tué dix civils, dont huit adolescents, dans une
récente opération des forces internationales, lui soient remis
pour être jugés.
"La réunion du Conseil national de sécurité (NSC) exige que les
responsables de la mort de ces jeunes innocents soient livrés au
gouvernement afghan", indique la présidence afghane dans un
communiqué. Le Conseil national de sécurité afghan, un organe
dirigé par le président afghan Hamid Karzaï, et qui réunit les
ministres de la Défense, de l'Intérieur, des Affaires étrangères
et des agences de renseignements afghanes.
Selon un rapport officiel des autorités afghanes, les forces
internationales on tué dix civils, dont huit adolescents, dans
une opération menée samedi dans la province du Kunar, un bastion
rebelle de l'est du pays. Le rapport a provoqué la colère du
président Karzaï qui a promis aux familles des victimes que
justice serait faite.
Enquête sur une autre affaire de bavure
Après avoir tardé à avouer les faits, les forces de l'Otan se
sont défendues d'avoir tué des civils et affirment avoir répondu
aux tirs de personnes "en âge de combattre".
"Les forces internationales sont entrées dans la zone et ont tué
dix jeunes, dont huit écoliers qui se trouvaient dans deux pièces
d'une maison, sans rencontrer de résistance armée", affirme de
son côté le NSC, cité dans le communiqué de la présidence.
Les autorités afghanes ont par ailleurs annoncé qu'elles
enquêtaient sur une nouvelle affaire de civils qui auraient été
tués par les forces de l'Otan, lors d'un bombardement aérien près
de Lashkar Gah, la capitale de la province du Helmand, un autre
bastion des talibans dans le sud.
Ces incidents ont suscité l'émoi et poussé des Afghans dans la
rue mercredi à Kaboul et Jalalabad (est), et jeudi à Asadabad,
capitale de Kunar, où 1.500 manifestants ont défilé aux cris de
"Mort à Obama". Les forces internationales déployées depuis 2001
en Afghanistan sont régulièrement accusées de tuer des civils
lors d'opérations contre les rebelles, qui se fondent facilement
dans la population.
L'une des plus polémique concerne un bombardement aérien qui a
selon l'Otan fait 142 morts, dont des civils, le
4 septembre dernier à Kunduz (nord) où sont déployés des
soldats allemands. L'affaire a fait grand bruit en Allemagne, où
elle a déjà eu raison d'un ministre et d'un chef d'Etat-major.
Dec
30th
La taxe C
By Christian Bitard
Le Conseil Constitutionnel vient
d'annuler la loi instituant la taxe incorrectement nommée "taxe
carbone" (en effet : "taxe carbone", ce n'est pas du
français).
Je ne m'étendrai pas davantage sur la claque politique que se prend la clique sarkozienne < SEAU > : après s'être pris un gauche de Copenhague, ils se prennent une droite du Conseil Constitutionnel. Tout le monde devrait avoir désormais que "tout ce que fera Sarko < SEAU > sera défait ou se retournera contre lui". Je n'insisterai donc pas.
Mais alors quoi ? Fillon n'en démord pas. Il va refaire sa copie car c'est comme ça en Sarkozie : quand on n'a pas bien voté, on re-vote, quand on n'a pas bien légiféré, on re-légifère. On y croit.
Ce sont bien les seuls à y croire. Ils vont lancer la "Taxe C" ...
Rassurez-vous : ils vont exonérer les élus, les industriels, les patrons, les commerçants, les viticulteurs, les pêcheurs, les routiers, les journalistes, les syncicalistes, enfin, tous ceux qui sont suceptibles de causer des problèmes. Tous les autres seront soumis à la "Taxe C" mais ils seront remboursés à 100%.
On pense réduire ainsi de 20% le nombre de c... d'ici 2050. Mais comme on le dit toujours, "on" est un ...
Je ne m'étendrai pas davantage sur la claque politique que se prend la clique sarkozienne < SEAU > : après s'être pris un gauche de Copenhague, ils se prennent une droite du Conseil Constitutionnel. Tout le monde devrait avoir désormais que "tout ce que fera Sarko < SEAU > sera défait ou se retournera contre lui". Je n'insisterai donc pas.
Mais alors quoi ? Fillon n'en démord pas. Il va refaire sa copie car c'est comme ça en Sarkozie : quand on n'a pas bien voté, on re-vote, quand on n'a pas bien légiféré, on re-légifère. On y croit.
Ce sont bien les seuls à y croire. Ils vont lancer la "Taxe C" ...
Rassurez-vous : ils vont exonérer les élus, les industriels, les patrons, les commerçants, les viticulteurs, les pêcheurs, les routiers, les journalistes, les syncicalistes, enfin, tous ceux qui sont suceptibles de causer des problèmes. Tous les autres seront soumis à la "Taxe C" mais ils seront remboursés à 100%.
On pense réduire ainsi de 20% le nombre de c... d'ici 2050. Mais comme on le dit toujours, "on" est un ...
Dec
30th
Il parait que la FRANCE va mieux: PIB et précisions
By francoise89
Depuis la semaine dernière Madame le Ministre de l'Economie et des
Finances annonce sur toutes les ondes que le Produit Intérieur Brut
(PIB) est en progression, soit + 0,3% au troisième trimestre 2009
par rapport au trimestre précédent. Ainsi, la France connaitra un
recul de 2,25% de son PIB en 2009 par rapport à 2008. Le Président
de la République surenchérit en précisant que la France est sortie
de la récession, et ce après un an de récession, "même s'il serait
faux de croire que la crise est derrière nous". Tous les
observateurs économiques annoncent effectivement que la France est
le seul pays de l'Organisation de coopération et de développement
économique (OCDE) qui s'en sort le mieux. A titre d'exemple il est
prévu un recul sur l'ensemble de l'année de 2,8% aux Etats-Unis, il
sera de 4,8% pour l'Allemagne et de 5,2% pour l'Italie. Dans ces
conditions, on peut dès lors se poser la question: pourquoi la
France s'en sort mieux que les autres? Est-ce "l'effet Sarkozy"?
Non, bien évidemment! Selon, mon humble analyse, il existe
plusieurs raisons à cet état de fait: 1/ La culture économique
française n'est pas à la financiarisation à outrance comme les pays
anglo- saxons. En effet, les ménages moyens vont préférer épargner
en amont et en aval d'une éventuelle crise. Dans ces conditions,
l'impact économique est moins important. Par exemple, aux
Etats-Unis, où il existe un système de retraite par capitalisation,
de nombreuses personnes ont perdu toutes leurs "économies/pensions
retraites"… 2/ La culture industrielle française: de nombreux
économistes ont indiqué depuis plusieurs mois qu'étant donné que la
France s'est "désindustrialisée" depuis de nombreuses années, elle
est moins touchée par la diminution de la "demande globale". Par
exemple, l'Allemagne qui a la particularité de détenir un marché
basé sur l'automobile, la chimie ainsi que les biens d'équipement
mécanique et électrique détient 50% de ses exportations sur ces
biens (et 20% de son emploi) contre 22% pour la France (et à peine
12% de son emploi). Par ailleurs, sur le dit marché la France
possède essentiellement un marché dit du luxe qui n'a pas vraiment
connu la crise (à part C. LACROIX, je le conçois). 3/ la dépense
publique: selon une définition de wikipédia, "les dépenses
publiques sont l’ensemble des dépenses réalisées par les
administrations publiques. Leur financement est assuré par les
recettes publiques (impôts, taxes, et cotisations sociales) et par
le déficit public". Elles sont évaluées à 53,4% de notre PIB, et
par conséquent les administrations sont moins touchées par la
crise. Enfin, il faut avouer que l'Etat- providence (cher à
Monsieur SARKOZY) a eu un impact sur la consommation: notamment la
prime à la casse et les bonus automobile mais moindre que les
quelques milliards alloués à l'ensemble du système bancaire et
industriel. Gageons que l'année prochaine, le gouvernement
obtiendra encore de meilleurs résultats: en dépit des 30 milliards
de dette publique annoncée par l'INSEE, ce jour (soit 75% de notre
PIB quant les critères de convergence de Maastricht la limite à
60%), en dépit du fait que la France est 9,5% de sa population
active au chômage (deuxième pays de l'OCDE juste après l'Espagne)
et 3ème pays pour son inflation.
Dec
30th
France: la dette dépasse les 75% du PIB
By manu
La dette publique de la France atteignait le montant record de 1457
milliards d'euros à la fin du troisième trimestre, en augmentation
de 29,4 milliards en 3 mois, a annoncé l'INSEE. Cette dette
représentait fin septembre 75,8% du PIB. D'après la loi de finances
pour 2010 la dette publique qui n'a cessé de progresser sous le
poids de la récession que vient de traverser la France et des
mesures de relance adoptées pour y faire face doit grimper jusque
77,9% du PIB fin 2010. L'augmentation de l'endettement de l'Etat et
de la Sécurité sociale (plus de 30 milliards d'euros de déficit
pour la Sécurité sociale en 2010!) explique cette évolution. Le
président Nicolas Sarkozy a annoncé l'organisation en janvier d'une
conférence nationale sur les moyens de résorber les déficits et la
dette, afin de respecter les engagements européens de la France.
L'agence de notation Fitch a estimé récemment que la France au même
titre que l'Espagne et le Royaume-Uni font face aux mêmes risques
liés à l'endettement. Pour ces trois pays argumente l'agence, la
dette s'élèvera à plus de 90% du PIB en 2011. Or elle fixe la
limite acceptable pour un pays noté "triple A" à 80%. La France a
surtout abordé la crise dans une situation moins favorable que
l'Espagne ou le Rouyaum-Uni. Surtout ce qui semble faire défaut à
Paris c'est son manque de crédibilité. La France va donc devoir
redresser ses finances, ne serait-ce que pour disposer de marges de
manoeuvre nécessaires en cas d'à-coups. Il y a donc urgence à
annoncer un programme de retour à l'équilibre des finances
publiques. La meilleure sortie de la crise et du chômage c'est la
croissance; encore faut-il qu'elle soit soutenue et durable ce qui
ne semble pas être le cas. Il reste à réduire le poids des
dépenses. Là encore se pose la question de savoir quelles dépenses.
La réduction des effectifs de fonctionnaires n'y suffira pas, et
alors que le gouvernement poursuit sa politique de réduction dans
les administrations, les effectifs et salaires ont cru dans les
ministères! Pour l'OCDE, une augmentation des impôts est
inévitable; le gouvernement jusqu'à présent s'y refuse. Il n'est
pas facile en effet de faire accepter à l'opinion publique des
mesures dites "impopulaires", surtout à un peu moins de deux ans de
l'échéance présidentielle alors que la question du pouvoir d'achat
et celle de l'emploi vont être au coeur de l'année sociale 2010. La
France se retrouve aujourd'hui dans une situation des plus
difficiles. Alors que l'Allemagne a entrepris de profondes réformes
structurelles, l'on attend toujours en France l'adoption de mesures
énergiques sur la question des retraites en particulier. Le
principal problème semble être l'indifférence du président Nicolas
Sarkozy aux conséquences à long terme. Il a préféré aggraver un peu
plus l'endettement sans pour autant être certain des résultats
obtenus (cf le Grand emprunt!). Cette indifférence constitue un
danger parce-qu'elle contribue à fragiliser l'équilibre social de
la France. Le sentiment qui prévaut aujourd'hui est celui d'une
immense confusion. Nul doute que la taxe carbone, une taxe
impopulaire, qui vient d'être invalidée par le Conseil
constitutionnel est une lourde défaite pour Nicolas Sarkozy comme
pour François Fillon. Dans son discours du 27 Octobre Dominique de
Villepin a pour sa part plaidé pour "une fiscalité plus juste, plus
intelligente et plus efficace, une nouvelle répartition des
richesses entre le capital et le travail et une politique
d'exigence vis à vis de l'endettement"...Nul doute qu'une autre
voie est possible et qu'il nous faut y oeuvrer....
Dec
30th
l'essence d'une nation, un avis journalistique
By l'observatrice
L’essence d’une nation ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~- Identité
nationale suppose nation. Or depuis un demi-siècle, la nation
française se dissout dans l’Europe, la mondialisation,
l’immigration et le multiculturalisme. Le débat en cours ne
peut-être qu’illusoire. ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
L’identité nationale, c’est tout ce qui reste quand on a perdu la
souveraineté. ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Au commencement
était la nation. La grande nation, comme disaient avec admiration
les Allemands. Et puis, au fil des décennies, l’admiration s’est
teintée d’ironie. Mais la nation, grande ou pas, restait
souveraine. On s’interrogeait sur sa puissance ou sa faiblesse, sa
grandeur ou sa décadence, pas sur son identité. A la fin du XIXe
siècle, pris dans son tête-à-tête mortifère avec l’Allemagne, la
France tenta de définir ce qui la distinguait de son impérieux
voisin. On connaît la célèbre conférence d’Ernest Renan qui définit
alors l’être français non par la race ou le sang, mais par
l’histoire, la culture, la volonté. On a tous en mémoire les
célèbres passages sur l’héritage d’une histoire partagée et le
plébiscite de tous les jours.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~On ne parlait toujours pas
d’identité nationale. Il fallut attendre le début des années 1980
pour que cette expression fût employée. Et ce n’est pas un hasard.
La France est alors prise dans le maelström déstabilisateur de
l’Europe et de la mondialisation. Elle perd successivement la
maîtrise de ses frontières, de sa politique économique et
commerciale avec le grand marché unifié, et la gestion du plus
ancien attribut de souveraineté avec la guerre : la monnaie.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ A l’époque du référendum de
1992, le Premier ministre Pierre Bérégovoy affirmait d’un ton
doucereux à ses contradicteurs qu’ils ne devaient pas s’inquiéter,
qu’ils ne perdraient pas leurs coutumes. Giscard se met lui aussi à
parler d’identité nationale.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~L’identité nationale, c’est tout ce
qui reste quand on a perdu (le gros de) la souveraineté. La
mondialisation imposa la libre circulation des marchandises – dans
le cadre, classique, du libre-échange –, mais surtout celle des
facteurs de production : capitaux et hommes.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~Alors, l’identité nationale devint
une question lancinante du débat politique français. L’émergence du
Front national qui, en captant l’électorat populaire, fit d’abord
la joie de la gauche (réélection de Mitterrand en 1988), puis celle
de la droite (élimination de Jospin dès le premier tour en 2002)
fut la partie émergée de l’iceberg. Sous cette agitation
politicienne, un peuple se demandait, angoissé, ce qu’il devenait
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~Mais,
officiellement, la question de l’identité nationale ne se posait
pas. Et surtout, elle n’avait aucun rapport avec l’immigration.
Selon nos doctes bien-pensants, une identité évoluait. Comme les
modèles de l’industrie automobile. Pourtant, le général de Gaulle
nous avait prévenus : « Il ne faut pas se payer de mots ! C’est
très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des
Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les
races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition
qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus
la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de
race blanche, de culture grecque et latine, et de religion
chrétienne. » Depuis la mort du grand homme, on ne cessa de nous
expliquer le contraire. La France, ce n’était finalement que la
déclaration des droits de l’homme et la République. Des « valeurs »
et rien d’autre. On somma le peuple français de renoncer à ce
modèle assimilationniste qu’il avait pourtant imposé à des
générations d’immigrés belges, italiens, espagnols, russes, juifs,
pour le plus grand bien de la France – que l’immigration sauvait du
déclin démographique – et de ces immigrés qu’elle émancipait, par
sa culture et sa langue, de l’enfermement ghettoïsé des origines.
L’assimilation, c’est l’abandon d’une partie de soi pour adopter
les moeurs, le mode de vie, la façon de penser du pays d’accueil.
L’assimilation ne connaît que les individus, des citoyens, pas des
communautés, encore moins des peuples. Un corset néocolonial, nous
ont dit les « modernes ». Raciste, ont ajouté les autres. L’heure
était aux identités multiples. Au multiculturalisme. Toute une
idéologie, venue du Canada et des Etats-Unis, imposa cette vision.
Et ces mots fétiches qui, détournés de leur sens premier, devinrent
les vecteurs de l’idéologie dominante : métissage, diversité,
accommodements
raisonnables~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~Les mots sont des
armes. Dans un texte intitulé « Justice et affaires intérieures »,
le Conseil européen du 18 novembre 2004 adopta les « principes de
base communs de la politique d’intégration des immigrants dans
l’Union européenne ». L’article 1er énonce : « L’intégration est un
processus dynamique, à double sens, de compromis réciproques entre
tous les immigrants et résidents des Etats membres. »
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~Chaque mot est une
déclaration de guerre à la conception impérieuse –
assimilationniste – française qui repose sur l’adage : si fueris
Romae, Romano vivito more (à Rome, fais comme l e s Romains).
~~~~~~~~~~~~ C’est dans ce contexte historicoculturel que, pendant
la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy osa associer dans le
même discours immigration et identité nationale. Tollé. La gauche
nous expliqua qu’il était honteux et raciste d’associer
l’immigration et l’identité nationale. Le scandale donnera sans
doute à Sarkozy la clé de l’Elysée et, en tout cas, l’adhésion de
cette fraction de l’électorat populaire qui abandonna alors Le Pen
pour lui. Sarkozy s’était préalablement présenté comme un Français
de sang mêlé. Plus tard, il ajoutera : « président d’une France
métissée ». C’est toujours ainsi avec Sarkozy : une transgression,
qui fait hurler les bienpensants et le rapproche du peuple, est
toujours « payée » par une concession majeure au « politiquement
correct ». Habileté tactique qui lui permet d’éviter la
diabolisation médiatique, mais rend incohérente sa pensée.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~Le premier ministre de
l’Immigration et de l’Identité nationale fut Brice Hortefeux.
Mécontent et tétanisé, il ne fut que ministre des expulsions. Plus
décomplexé parce que venant de la gauche, Eric Besson a rempli
tardivement la feuille de route de la campagne présidentielle. Le
débat sur l’identité nationale tombe opportunément à quelques mois
des régionales et alors que le chômage et la dette publique
explosent. Mais la ficelle tactique est tellement épaisse que tout
le monde l’a vue. ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Eric
Besson ose reparler d’assimilation. Mais il évoque aussi le
métissage et la diversité. La confusion sémantique, et donc
idéologique, est à son comble. Besson suit Sarkozy qui ne sait pas
vraiment de quel modèle il parle. Les choses sont pourtant simples
: le modèle assimilationniste, qui a fonctionné pendant un siècle,
de 1860 à 1960, a parfaitement rempli son office, même si,
contrairement aux idées reçues, de nombreux Italiens et Polonais
sont rentrés chez eux. Cette assimilation a été la clé, selon le
grand historien Fernand Braudel, de « l’intégration sans douleur »
de ces immigrés qui « se sont vite confondus dans les tâches et les
replis de notre civilisation », tandis que leurs cultures d'origine
ont apporté une nuance de plus à notre culture
complexe.~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~A partir des années 1970,
on a abandonné notre modèle mais sans oser vraiment adopter celui,
« communautariste », de l’autre grand pays d’immigration : les
Etats-Unis. Nous sommes restés entre « deux eaux ». Comme par
antiphrase – car, en réalité, nous avons intégré de moins en moins
–, nous avons appelé cet entredeux « l’intégration ». Nous avons
cru que la seule insertion économique suffirait. Ce raisonnement
matérialiste, qui comblait marxistes et libéraux, nous empêcha de
voir qu’en fait, c’est l’assimilation qui, paradoxalement, permet
une meilleure insertion économique~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Ne
maîtrisant plus vraiment notre immigration, nous avons laissé
s’installer une population nombreuse qui gardait ses coutumes et
ses traditions. Peu à peu, les Français des quartiers populaires,
qu’on n’osait plus appeler de souche, se sentant devenir étrangers
dans leur propre pays, s’en éloignaient, s’en séparaient. Les
communautés se côtoyaient parfois, mais ne se mélangeaient plus.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~De Gaulle, encore lui, nous avait
pourtant prévenus : «On peut intégrer des individus ; et encore,
dans une certaine mesure seulement. On n'intègre pas des peuples,
avec leur passé, leurs traditions, leurs souvenirs communs de
batailles gagnées ou perdues, leurs héros. » ~~~~~~~~~~~~~~~~~~Eric
Zemmour ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~Journaliste ~~~~~~~~~~~~~~~~ Ma fille a
relevé cet article . quen pensez ?? n'est ce pas violent cet
avis??? moi je trouve....
Dec
30th
Alain Peyrefitte,De Gaulle, l’OTAN.
By TRCHA92
Supranationalité ---------------------------------------- 13 mai
1964, Alain Peyrefitte parle avec De Gaulle au sujet du retrait des
officiers de marine français de l’OTAN.
---------------------------------------------------------------------
Alain Peyrefitte : « Attendez-vous quelque chose de la session de
l’OTAN ? ------------------------------------------------------ De
Gaulle. – Que voulez-vous que j’en attende ? L’OTAN ne sert à rien
: il ne peut rien s’y passer ! Tout ça, c’est zéro, zéro, zéro.
C’est fait pour faire vivre des fonctionnaires internationaux qui
se font payer grassement à ne rien faire, sans verser d’impôt.
----------------------------------------------------------- Alain
Peyrefitte. – On ne reviendra pas sur le retrait de nos officiers
de marine de l’OTAN ?
--------------------------------------------------------------------
De Gaulle. – Pourquoi voulez-vous qu’on revienne là-dessus ? Il n’y
avait aucune raison pour qu’ils y restent. C’était une anomalie
qu’ils soient là. Bien sûr, ils se faisaient payer plus cher que
s’ils étaient restés dans la marine française. Ces organismes
internationaux sont bons pour y attraper la vérole. Nos
représentants oublient le devoir d’obéissance à l’Etat. Ils y
perdent le sentiment national.
---------------------------------------------------------------------
Alain Peyrefitte. – La chose a été rendue publique à partir de
l’Allemagne. Nous les avions prévenus de notre intention, dans le
cadre des consultations prévues par le traité de l’Elysée ?
--------------------------------------------------------------- De
Gaulle. – Non. Je ne crois pas. Pourquoi voulez-vous qu’on les
prévienne ? Non. Il fallait bien que ça se sache un jour ou
l’autre.
----------------------------------------------------------- Alain
Peyrefitte. – C’est le journal Die Welt qui a fait la fuite.
-------------------------------------------------------------- De
Gaulle. – Les Anglais, qui sont des maîtres dans l’art de
manipuler, ont colonisé la presse allemande. Adenauer était le
premier à s’en plaindre. Les Allemands sont liés par leur presse
aux mains des Anglo-Saxons. Vous savez ce que ça veut dire, la
supranationalité ? La domination des Américains. L’Europe
supranationale, c’est l’Europe sous commandement américain. Les
Allemands, les Italiens, les Belges, les Pays-Bas sont dominés par
les Américains. Les Anglais aussi, mais d’une autre manière, parce
qu’ils sont de la même famille. Alors, il n’y a que la France qui
ne soit pas dominée. Pour la dominer aussi, on s’acharne à vouloir
la faire entrer dans un machin supranational aux ordres de
Washington. De Gaulle ne veut pas de ça. Alors, on n’est pas
content, et on le dit à longueur de journée, on met la France en
quarantaine. Mais plus on veut le faire, et plus la France devient
un centre d’attraction. Vous nous voyez avaler la supranationalité,
nous ? La supranationalité, c’était bon pour les Lecanuet !
-------------------------------------------------------- (Alain
Peyrefitte, C’était De Gaulle, Fayard, tome 2, page 216-217)
Dec
30th
Le grand échiquier, l'Amérique et le reste du monde.
By TRCHA92
Ecrit par Zbigniew Brzezinski et paru en
1997---------------------------------------------------------------ce
livre a très peu vieilli et se lit avec le plus grand intérêt.
Brzezinski a été conseillerde Carter pour les relations
internationales et définit, dans ce livre synthétique, ce que doit
être lapolitique américaine sur l'échiquier
mondial.-------------------------------------------------------------------------Dans
son inspiration, on retrouve un idéalisme très américain : les USA
ont pour mission d'assurer la paix mondiale. --------------------
Cet objectif n'est pas entièrement désintéressé et l'idéalisme se
teint très vite d'unréalisme qui n'évite le cynisme que par la
franchise avec laquelle il est avoué : la suprématie américaine ne
peut pas durer éternellement et il s'agit de mettre en place les
piliers d'un ordremondial dans lequel les USA conserveraient une
place centrale, malgré le fait que d'autres pays les rejoindraient
comme grandes puissances (-------------------------------« Puisque
la puissance sans précédent des Etats-Unis est vouée à décliner au
fil des ans, la priorité géostratégique est donc de gérer
l'émergence de nouvelles puissances mondiales de façon à ce
qu'elles ne mettent pas en péril la suprématie américaine
»).---------------------------------------- Toutes ces puissances
émergentes se trouvent, selon l'auteur, sur le «continent eurasien
». -------------Cet espace géographique comprend tout les
territoires compris entre Lisbonne et Tokyo, en passant par Berlin,
Moscou, Tashkent, Pékin, New Dehli. C'est là que se jouent l'avenir
du monde et la primauté des USA. Ce continent est découpé pour
l'analyse en quatre zones : l'Europe de l'ouest, la Russie, les
balkans asiatiques (les pays du Caucase, les républiques musulmanes
détachées de l'ex-URSS, l'Ukraine), l'Asie (Chine, Japon, Inde).
----------------------Les relations et intérêts des USA sont donc
passés en revue dans chacune de ces zones. C'est extrêmement
éclairant, car Brzeezinski décrit très directement les intérêts
américains, sans les déguiser – même s'il passe sous silence les
moyens employés à leur service. --------------------------Que cache
en effet unephrase telle que « il est peu probable que l'Amérique,
parce que c'est une démocratie, souhaite s'engager de manière
permanente dans la tâche difficile, absorbante et coûteuse que
représente le fait de gérer l'Eurasie par le biais de manipulations
et de manoeuvres politiques constantes... » -----------------Le
programme américain est donc le suivant : « si l'on souhaite
élaborer les règles d'action géostratégiques de l'Amérique [...]
deux étapes sontnécessaires pour ce faire : – en premier lieu
identifier les Etats possédant une réelle dynamique géostratégique
et capables de susciter un bouleversement imoprtant dans la
distribution internationale du pouvoir.
--------------------------------------- Dans le même mouvement,
déchiffrer les priorités que se fixent, en matière de politique
étrangère, les élites des pays concernés et envisager les
conséquences qu'auraient leurs efforts pour atteindre ces objectifs
; identifier les Etats les plus sensibles du point de vue
géopolitique, ceux qui, par leur situation géographique ou du
simple fait de leur existence, peuvent avoir des effetscatalyseurs
sur des acteurs géostratégiques plus importants ou sur les
conditions régionales. ----------------------------– En second
lieu, formuler des politiques spécifiques pour contrebalancer les
effets néfastes des politiques initiées par ces Etats ; définir les
moyens de les associer ou de les contrôler, de façon à préserver et
à promouvoir les intérêts vitaux des Etats-Unis ; élaborer une
réflexion stratégique globale qui intègre et harmonise, à l'échelle
planétaire, les diverses politiques régionales des Etats-Unis. »
------------------------------------------Interlude comique :
pendant ce temps, en France, le Conseil d'analyse stratégique,
ex-Commissariat au Plan, s'est fixé comme objectif « d'appliquer la
stratégie de Lisbonne »... Voilà ce qui définit la stratégie
française.----------------------------------- Je reprends ma
lecture...------------------------------- L'Europe contrepoids aux
Etats-Unis est un mythe qui ne ressort pas entier d'un examen
attentif de la politique américaine. Comme l'écrit Brzezinski, « à
l'ouest [de l'eurasie], l'Amérique exerce directement son pouvoir».
On ne saurait être plus clair. -------------------------Le chapitre
consacré à l'Europe de l'Ouest a pour thème « quel type d'unité
européenne a les faveurs de l'Amérique et comment l'encourager ?».
--------------------La réponse vient très vite : « l'Europe
deviendrait, à terme, un des piliers vitaux d'une grande structure
de sécurité et de coopération, placée sous l'égide américaine et
s'étendant à toute l'Eurasie. [...] Si l'Europe s'élargissait, cela
accroîtrait automatiquement l'influence directe des Etats-Unis.
[...] l'Europe de l'Ouest reste dans une large mesure un
protectorat américain et ses Etats rappellent ce qu'étaient jadis
les vassaux et les tributaires des anciens empires.»
---------------------------------L'auteur reconnaît que la France a
(avait !) un projet européen différent, qui vise à rendre l'Europe
indépendante de l'Amérique. Il fait cependant confiance à
l'Allemagne (et à ce chef d'oeuvre américain qu'a été
l'élargissement intervenu depuis), pour replacer l'orbite
européenne sous influence américaine : « pour favoriser la
construction européenne, l'Allemagne, en gage de bonne volonté,a
laissé s'exprimer la fierté française, mais, soucieuse de la
sécurité européenne, elle s'est refusée à suivre les yeux fermés
ses orientations. Elle a continué à défendre ses convictions
propres et, donc, le rôle central des Etats-Unis dans la sécurité
du continent ». -------------------------------La politique
actuelle d'Angela Merkel confirme, presque dix ans après, la
validité de cette analyse. ------------------------A terme,
Brzezinski est tout disposé à reconnaître que les vues françaises
sont les seules réalistes : l'Europe si elle doit exister comme
entité viable doit pouvoir être traitée à parité avec les
Etats-Unis. ------------------Il reste que cet objectif concédé ne
l'est qu'à terme, et que d'ici là la France devra avaler de
nombreuses couleuvres, ou, plus surement, devenir telle que toute
envie de parité lui soit finalement passée : l'élargissement
continu de l'Union européenne fait tout pour que la voix française
soit entendue chaque jour plus faiblement.
---------------------------------Les exhortations de Brzezinski à
une parité Europe-Etats-Unis sonnent comme un aveu que la politique
actuelle de l'Amérique à l'égard de l'Europe va exactement en sens
inverse :------------- « En aucun cas, l'Amérique ne devrait donner
l'impression que sa préférence va à une association relativement
lâche formée par le plus grand nombre possible d'Etats européens.
En paroles comme en actes, il est important qu'elle rappelle sa
volonté de traiter un jour d'égal à égal avec l'Union européenne,
sur toutes les questions de politique et de sécurité
internationale, et qu'elle ne la considère pas comme un marché
commun régional, constitué de pays liés aux Etats-Unis par l'OTAN
». --------------------De façon générale, les idées généreuses dans
cet ouvrage sont pour plus tard, le cynisme c'est pour tout de
suite.----------------- Une telle bonne volonté est assez
rapidement démentie par des notations telles que celle-ci
:------------ « La France n'est assez forte ni pour faire obstacle
aux objectifs géostratégiques fondamentaux de l'Amérique en Europe,
ni pour construire une Europe à ses vues. De ce fait, ses
particularismes et même ses emportements peuvent être tolérés. »
-----------------Voilà donc où nous ont menés soixante années de
construction européenne : nous sommes admis à exprimer un rôle
folklorique et gentillet pendant que l'Europe se vit à l'heure
américaine ! -----------------Qu'est-ce que l'Europe à l'heure
américaine ? L'objectif est double :-------------------------- – il
faut d'abord neutraliser les querelles des pays de la zone dont
aucun n'est assez fort pour s'imposer aux autres et qui, sans la
tutelle américaine risqueraient de tomber dans des conflits
incessants ; -----------------– l'Europe de l'ouest ainsi
stabilisée et neutralisée a pour rôle, via l'Union européenne pour
les aspects politico-économiques et via l'OTAN pour les aspects
militaires, de bloquer la Russie dans ses frontières et de
restreindre au maximum son influence, jusqu'en Ukraine et dans les
pays proches. Les USA sont si certains de leur influence au sein de
l'Union européenne que Brzezinski peut écrire que « tout état en
position d'entreprendre des discussions avec l'Union européenne et
invité à les poursuivre devrait être regardé comme bénéficiant
d'une protection de facto de l'OTAN. » --------------------------De
fait, de nombreuses pages sont consacrées à décrire le calendrier
d'entrée de différents pays européens dans l'UE, puis dans l'OTAN,
depuis les pays baltes (c'est fait depuis), jusqu'à l'Ukraine – les
discussions existent à ce sujet. ------------------Et l'entrée de
la Russie dans l'OTAN est explicitement rejetée car cela lui
permettrait de regagner de l'influence par rapport à ses voisins,
dont il importe au contraire de la couper.----------------- Pour la
Turquie, ce n'est pas par rapport à la Russie que l'intégration à
l'UE est jugée nécessaire, c'est parce que la Turquie doit servir
de rempart à l'Iran islamiste et parce que cette intégration
permettra d'obtenir l'accord de la Turquie nécessaire à l'extension
de l'OTAN aux pays de l'Europe de l'est.-------------------- Ainsi,
« l'Amérique devrait-elle user de son influence en Europe pour
soutenir l'admission éventuelle de la Turquie au sein de l'UE, et
mettre un point d'honneur à la traiter comme un Etat européen. »
-----------------Voilà pourquoi, non pas votre fille est muette,
mais pourquoi les contours de l'Union européenne sont tracés
ailleurs, et depuis longtemps.-------------------------- Comme en
plusieurs endroits, les bonnes intentions ne valent qu'à terme, et
ne sont que vaguement définies.---------------------- A court
terme, les intérêts américains sont explicitement et précisément
définis, et ne vont pas dans le sens d'un partage du pouvoir. Ce
qui compte est d'avoir une Europe vaste, faible et inféodée
:------------------- « l'élargissement de l'Europe et de l'OTAN
serviront les objectifs aussi bien à court terme qu'à plus long
terme de la politique américaine. Une Europe plus vaste permettrait
d'accroître la portée de l'influence américaine – et, avec
l'admission de nouveaux membres venus d'Europe centrale,
multiplierait le nombre d'Etats pro-américains au sein des conseils
européens – sans pour autant créer une Europe assez intégrée
politiquement pour pouvoir concurrencer les Etats-Unis dans les
régions importantes pour eux, comme le Moyen-Orient.
»-------------------------- L'actualité fournit un exemple criant
de cet état de fait : les USA mettent le feu au Moyen-orient et
nous sommes censés fournir les sparadraps ensuite. Sur la Russie,
comme précédemment, c'est une antiphrase qui définit le mieux le
projet américain : -----------« C'est le point de vue que partagent
les Etats-Unis et l'Allemagne : le projet européen est soutenu par
une dynamique historique et politique et ne comporte aucune
arrière-pensée à l'égard de la Russie, ni animosité, ni peur, ni
désir de l'isoler. » Un très bon chapitre est consacré aux «
balkans eurasiens », et permet de mieux comprendre les relations
entre les pays peu connus que sont l'Ouzbékistan, le Tadjikistan,
le Kazakhstan, l'Arménie, la Géorgie, le Kirghizistan, le
Turkménistan, l'Azerbaïdjan, l'Afghanistan – tous sauf le dernier,
anciennes républiques de l'URSS. Brezinski excelle à expliquer les
intérêts turcs, iraniens, russes et américains dans la région – et
dans une mesure moindre, ceux de la Chine.------------------------
Pour ce qui est de la partie est de l'Eurasie, un descriptif très
complet est encore donné des relations extraordinairement complexes
entre la Chine, le Japon, l'Inde, la Corée et d'autres Etats de la
région.-------------------- Des idées intéressantes : on l'a vu,
donner droit aux efforts français pour intégrer l'Afrique du nord
dans les préoccupations européennes, intégrer la Chine dans les
réunions du G7 (G8 depuis) pour lui éviter de chercher à jouer un
rôle mondial par d'autres moyens, intégrer la Russie dans les mêmes
réunions et pour des raisons simlilaires (c'est fait) ; à long
terme, l'idée que les Etats-Unis doivent accepter un véritable
partage des responsabilités, et non gérer des relations avec des
Etats classés de façon binaire comme ennemis ou vassaux. A noter
que sur ce dernier point, aucune mesure concrète n'est
évoquée...--------------------------- Toute l'ambiguité des
politiques américaines se retrouve donc dans cet ouvrage. Ainsi,
avec quelle légèreté l'auteur propose-t-il, comme avenir pour la
Russie – qui vient déjà de perdre une part importante de son
territoire et de ses populations, une partition en trois Etats : «
une Russie européenne, une république de Sibérie et une république
extrême-orientale ». -----------------On voit bien l'idée : la
Russie européenne adhèrerait à l'Union européenne et serait ainsi
neutralisée, tandis que la Sibérie et la république extrême
orientale pourraient soit tomber sous influence américaine ou
servir de monnaie d'échange dans des discussions avec la Chine ou
l'Iran. -------------------Quelle légèreté ! Imagine-t-on un auteur
européen écrire que pour résoudre le problème hispanique aux USA il
conviendrait d'unir au Mexique, la Californie, le Texas et
l'Arizona, dans une confédération des Etats de l'amérique
nord-hispanique
?!-----------------------------------------------------------------
Dans l'ensemble un excellent livre. D'abord parce que sa très
grande précision permet de balayer l'état des relations
internationales tout autour de la planète de façon si brillante
que, dix ans après, le tableau reste valable, ensuite parce qu'au
passage les positions américaines y sont détaillées avec une
certaine franchise qui ne déguise pas vraiment le jeu des intérêts
américains derrière les grands
principes.----------------------------------- Il reste que, dix ans
après, l'ouvrage devrait être actualisé sur certaines
points.------------------------------------------------- D'une
part, les Etats-Unis n'ont pas du tout évolué vers un partage des
responsabilités : l'invasion de l'Irak, le rejet du protocole de
Kyoto sont autant de décisions unilatérales – ou presque -, qui ne
vont pas dans le sens d'une cogestion des intérêts de la planète
(mais si Brzezinski avait vraiment souhaité une telle cogestion
sans doute aurait-il consacré quelques lignes à l'ONU, à peine
mentionnée ici au détour d'une
phrase).------------------------------------ Dans le même temps où
les USA continuaient donc à adopter une politique impériale, deux
acteurs majeurs se sont renforcés : la croissance chinoise ne s'est
pas essouflée d'une part comme le suppose Brzezinski en 1997, et
d'autre part la Russie, forte de la hausse du prix des matières
premières, recouvre les moyens de ses
ambitions.------------------------- Il est grand temps, d'un point
de vue américain, de revenir à des stratégies coopératrices avant
que le décalage entre une politique impériale et une puissance
déclinante sur le long terme – selon les termes même de Brzezinski
– ne devienne intenable.--------------------------------- Quand à
la France, il lui faudra réaliser le même exercice que celui que
Brzezinski a réalisé dans son ouvrage : définir une politique
internationale digne et dégagée enfin du carcan par trop visible de
l'Union européenne.----------------- Avis relevé sur
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/11/19/18/textes/brzezinski.pdf
Dec
30th
L'iran et la bombe ==commission des affaires étrangeres
By TRCHA92
Commission des affaires
étrangères------------------------------------ Mercredi 18 novembre
2009-------------------------------------------- Séance de 9 h
30-------------------- Compte rendu n°
18---------------------------------- Présidence de M. Axel
Poniatowski, président--------------------------- Rapport
d’information sur les enjeux géostratégiques de la prolifération –
MM. Jean-Michel Boucheron et Jacques Myard, rapporteurs.
---------------------------------------------- La séance est
ouverte à neuf heures trente.
------------------------------------------ La commission des
affaires étrangères examine le rapport d’information sur les enjeux
géostratégiques de la prolifération, présenté par MM. Jean-Michel
Boucheron et Jacques Myard,
rapporteurs.-----------------------------------------------------------------------------------
M. Jean-Michel Boucheron, rapporteur : Nous présentons aujourd’hui,
Jacques Myard et moi-même, le résultat d’une étude à laquelle nous
avons consacré près de dix huit mois.
---------------------------------------------------------- Nous
avons voulu établir un état des lieux et répondre aux questions
suivantes : -----------------------------------– Vivons-nous des
temps nouveaux qui appellent des réponses nouvelles en matière de
prolifération ? Cela fait l’objet du chapitre I.
--------------------------------------------------------------------–
Pourquoi les Etats veulent-ils disposer d’armes de destruction
massive. Quel est le sens de cette recherche ? Cette question est
traitée dans le chapitre II.
-------------------------------------------------– Vivons-nous des
temps plus dangereux qu’avant, avec la dissémination des
technologies proliférantes, en raison de la libéralisation du
commerce international ? Le risque d’un attentat terroriste
nucléaire, chimique ou biologique est-il réel ou est-ce un fantasme
? Nous avons abordé cette question au chapitre
III.--------------------------------------------------------------
– Enfin, la diplomatie peut-elle apporter une solution au risque de
prolifération ? Le droit international peut-il prévenir ou contenir
ce phénomène ? Ceci est traité au chapitre
IV.----------------------------------- Notre rapport conclut – cela
ne surprendra pas – à la validité du concept de la dissuasion, qui
demeure la pierre angulaire de la défense française. Il rappelle
également l’importance des armes nucléaires lorsqu’une nation veut
accéder au rang de puissance globale et souligne parallèlement le
déclin des armes biologiques et chimiques. En revanche, il met en
lumière la montée des menaces cybernétiques, contre lesquelles
notre pays a récemment réagi par la création d’une agence
nationale, l’ANSI. L’effort de la France est toutefois d’une
moindre ampleur que celui qu’accomplissent les Etats-Unis et la
Chine dans le même
domaine.--------------------------------------------------- L’un
des principaux points du rapport porte évidemment sur l’Iran, au
cœur de l’actualité. Nous ne savons pas si l’Iran veut la bombe.
Nous avons en revanche la certitude qu’il maîtrise l’ensemble du
cycle qui va de l’enrichissement jusqu’à l’explosion d’un engin à
fission et les moyens balistiques, avec maîtrise de la balistique.
Si l’Iran a la bombe, nous considérons que cela ne change rien à la
stratégie de défense des pays occidentaux qui disposent, ainsi
qu’Israël, d’une capacité de dissuasion. Le langage guerrier que
tient le Président Ahmadinejad à l’égard d’Israël a pour fonction
de rassurer les Etats sunnites du Moyen-Orient. Bien évidemment, il
faudra observer à la loupe les réactions des deux alliés des
Etats-Unis, l’Arabie saoudite et la Turquie. Ryiadh et Ankara sont
très discrètes sur la question. Dans les deux cas, il faudra
observer l’attitude des Etats-Unis car les diplomaties de ces deux
pays s’alignent de moins en moins sur Washington.
------------------------------------------------------ Le fait que
l’Iran soit probablement en possession de tous les éléments
constitutifs d’une arme nucléaire à fission n’est pas une menace
sécuritaire pour l’Europe ou les Etats-Unis, ni même pour Israël.
Ceux-ci disposent de moyens de rétorsion nucléaire suffisants.
Aucun Etat, quel que soit son régime, n’est candidat au suicide, et
l’Iran ne risquera pas sa
survie.--------------------------------------------------------------
Ce que change la bombe iranienne est tout autre : en devenant une
puissance globale, Téhéran accentuera la tendance de ces dernières
années, à savoir contester l’hégémonie politique de Washington au
Moyen-Orient.-------------------------------------------------------------
D’une certaine manière, les Etats-Unis tirent un parti diplomatique
de la menace iranienne en cherchant à persuader leurs alliés
européens de recourir au bouclier antimissile. Le projet auquel le
Président Obama vient de renoncer rencontrait l’hostilité de la
Russie car il permettait techniquement aux radars américains de
couvrir tout l’Ouest de la Russie, jusqu’à l’Oural. L’abandon de ce
schéma ne signifie pas la renonciation à un projet antimissile. Les
radars comme les lanceurs seront positionnés dans d’autres pays.
Comme l’ont montré les propos de M. Rasmussen, secrétaire général
de l’OTAN, qui appelle à une défense antimissile à l’échelle de
l’Alliance atlantique (otanisation de la défense antimissile), les
Etats-Unis mettent désormais en route une stratégie consistant à
faire payer aux Européens un système dont ils conserveraient la
clé. Outre que la fiabilité d’un système anti missile est largement
sujette à caution et affaiblit le concept de dissuasion, il
concentrerait les efforts de recherche et de développement des
alliés européens sur ce seul système (comme dans le passé pour
l’avion de combat F 35) au détriment d’autres programmes
technologiques. Les pays européens trouveraient plutôt avantage à
coordonner leur recherche sur les programmes de détection avancée.
Derrière cette bataille doctrinale qui s’annonce, se profile un
enjeu économique très important pour les principales entreprises
aéronautiques et spatiales américaines.
----------------------------------------------------------------
J’en arrive à la Corée du Nord. Les moyens nucléaires militaires
nord-coréens servent à prolonger la survie d’un régime prêt à
toutes les provocations pour négocier en position d’égalité avec
les grandes puissances. Ils ne représentent pas réellement une
menace pour notre sécurité. En revanche, il s’agit du pays le plus
proliférant, tant en matière nucléaire que balistique. Quant à
l’Inde et au Pakistan, au cœur d’une région traversée de plusieurs
conflits (Cachemire, Afghanistan), le caractère limité des conflits
qui les ont mis aux prises depuis 1998, année de l’explosion de
leur bombe, démontre que la détention de l’arme nucléaire évite
toute escalade dans les
conflits.----------------------------------------------------------------
La menace d’un attentat utilisant des moyens de destruction massive
est possible, mais il faut faire la part des choses. L’utilisation
par un groupe terroriste d’une bombe nucléaire relève de
l’illusion. En revanche, le recours à des armes radiologiques est
possible. La surveillance des éléments de fabrication de telles
armes doit être renforcée, notamment pour les éléments radioactifs
présents dans des lieux
civils.-------------------------------------------------------- M.
Jacques Myard. Dans le domaine nucléaire, la situation actuelle est
marquée par le déséquilibre entre les cinq Etats dotés d’armes
nucléaires et ceux qui ne sont pas autorisés à détenir de telles
armes. Il faut rappeler cependant que 90 % des armes, déployées ou
stockées, sont détenues par les Etats-Unis et la Russie. La
réduction des arsenaux nucléaires de ces deux pays est donc un
préalable indispensable à toute poursuite de discussions sur le
niveau des arsenaux dans le monde. Parallèlement, la Chine augmente
ses
capacités.--------------------------------------------------------------------------------
Dès lors, il faut saluer le choix du Président de la République de
maintenir une capacité de dissuasion nucléaire suffisante pour
notre pays, et d’en avoir préservé l’indépendance en refusant,
contrairement au Royaume-Uni, d’adhérer au groupe des plans
nucléaires de
l’OTAN.------------------------------------------------------------------
Les vraies questions diplomatiques, politiques et militaires se
posent au sujet des « nouveaux acteurs » comme l’Inde, le Pakistan,
Israël, l’Iran ou la Corée du Nord. La Syrie ne semble pas devoir
jouer un rôle majeur à l’avenir, bien qu’elle ait essayé de
développer des capacités nucléaires
clandestines.------------------------------------------------------------------------
Quelles sont les problématiques diplomatiques et politiques à moins
d’un an de la tenue d’une conférence de révision du TNP, traité
inégalitaire puisqu’il autorise certains Etats à détenir des
instruments de puissance qu’il interdit à tous les autres ? Le
traité fixe des obligations en matière de non-prolifération,
obligations que l’Iran, partie au TNP, a violé du fait de sa
poursuite d’activités nucléaires clandestines sur son
territoire.----------------------------------------------------------------------
Le désarmement nucléaire est-il la solution pour la planète ? Alors
que beaucoup souscrivent à cette vision, il faut être plus
précautionneux. Un désarmement nucléaire mondial conférerait un
avantage rédhibitoire aux Etats disposant des plus importantes
puissances conventionnelles, aujourd’hui les Etats-Unis, mais
demain la Chine, peuplée par plus d’un milliard d’habitants et
investissant massivement dans les équipements
militaires.-----------------------------------------------------------
La France n’a donc pas à baisser la garde dans ce domaine. Que les
Russes et les Américains commencent par réduire leurs arsenaux,
qui, eux, sont totalement disproportionnés par rapport à l’état de
la menace !
---------------------------------------------------------------------
L’autre question qui se pose concernant les armes nucléaires, c’est
celle de la dissémination des technologies. La caractéristique
principale de la mondialisation actuelle, c’est de faciliter la
diffusion des connaissances. A partir du moment où un Etat dispose
d’une ressource humaine et industrielle suffisante, il peut
maîtriser la technologie nucléaire. Les échanges scientifiques
suivent depuis longtemps une autre logique que celle des rapports
entre Etats, mais la libéralisation actuelle des échanges accélère
encore le rapprochement de la communauté
scientifique.----------------------------------------------------------
Or, malgré la multiplication des règles de contrôle des transferts
de technologies, à travers les groupes d’exportateurs notamment,
les résultats obtenus restent faibles. En renforçant les liens
entre les Etats proliférants à travers des réseaux de prolifération
dits de second cercle, les mesures actuelles tendraient plutôt à
avoir des effets inverses à ceux recherchés. Quoi qu’il en soit, la
dissémination de technologies fonctionne aujourd’hui entre les
Etats, y compris à travers des réseaux d’apparence privés mais en
réalité très proches des autorités étatiques comme le réseau Khan
au Pakistan.----------------------
-------------------------------------------------------- Cette
dissémination a fait craindre l’émergence d’un terrorisme
nucléaire. Certains documents recueillis par les services de
renseignement américains ont montré qu’Al Qaïda s’intéressait aux
méthodes de fabrication d’une arme nucléaire. Cette hypothèse
relève toutefois du fantasme. L’importance des ressources humaines
et industrielles, la maîtrise des technologies dans le domaine des
explosifs et de la transformation des matières fissiles,
nécessitent des infrastructures qu’un groupe terroriste ne peut
mettre en place sans éveiller les
soupçons.---------------------------------------------------------------------
Cela ne suffit pas à exclure l’utilisation d’armes de destruction
massive par les terroristes. Les attaques chimique et biologique
dans le métro de Tokyo, par gaz sarin, et aux Etats-Unis, en
utilisant le bacille du charbon, ont montré que les risques
encourus étaient sérieux, mais que les conséquences les plus
dramatiques pouvaient être évitées. En revanche, l’utilisation de
matières radioactives, dont certaines, comme le cobalt, sont
notamment présentes dans les hôpitaux, permet de fabriquer des
armes radiologiques qui obligent, si elles sont utilisées, à
maintenir des zones entières inaccessibles pendant de nombreuses
années. Bien que d’un maniement difficile, les produits les plus
sensibles devraient être mieux
surveillés.----------------------------------------------------------
Enfin, le recours à des attaques cybernétiques est une arme de
choix pour désorganiser les sociétés. Des offensives ont été menées
contre des Etats, dont la France, mais également l’Allemagne ou
l’Estonie. La menace informatique est réelle, et nous devons
trouver les réponses
appropriées.--------------------------------------------------------------------
Face à cette situation, que faire ? La grande échéance en matière
de lutte contre la prolifération, c’est la conférence d’examen du
TNP en 2010. Ce traité n’a pas été si inefficace qu’on le dit, mais
il faut le réformer en profondeur pour le rendre plus efficace.
Nous devons ouvrir pour mieux contrôler, c’est-à-dire intégrer les
nouveaux Etats disposant des moyens de fabriquer une arme
nucléaire.--------------------------------------------------------------
Personne n’empêchera l’Iran de se doter de ces éléments, mais il ne
faut pas en déduire pour autant qu’une nouvelle menace est apparue.
J’ai été marqué par la défense farouche des monarchistes iraniens,
présents notamment en France, du programme nucléaire iranien et de
la volonté de doter l’Iran d’une arme nucléaire. Malgré leur totale
opposition au régime actuel, ceux-ci soutiennent sans réserve le
droit de l’Iran à posséder un élément de puissance qu’ils estiment
indispensable à leur
pays.----------------------------------------------------------------------
L’arme iranienne est avant tout un outil de puissance, au
Moyen-Orient mais aussi face au Pakistan, aux Etats-Unis, à l’Inde,
à la Chine, voire à la Russie. Il n’y a aucun risque d’utilisation
de la bombe iranienne au Moyen-Orient, car les Etats n’ont pas le
goût du
suicide.-------------------------------------------------------------------------------
Dès lors, la légitimité, et donc la survie, du TNP passent par
l’intégration au traité, lors de sa rénovation, de tous les Etats
nucléaires militaires, en tant que tels, leur conférant par ce
statut les devoirs liés aux responsabilités internationales qu’ils
recherchent. En permettant à ces Etats de rejoindre le « club » du
TNP, il sera alors possible de les obliger à s’engager à lutter
contre la prolifération. De la même manière, les autres Etats
pourront légitimement demander à ce que ces pays se soumettent au
protocole additionnel « 93+2 » de l’AIEA, seul moyen de garantir
des inspections efficaces car couvrant tout le territoire de l’Etat
concerné, et pouvant être organisée sans avertissement préalable.
Ce nouvel équilibre est la seule solution pour permettre de faire
survivre un système qui est aujourd’hui considéré comme
parfaitement
inéquitable.-------------------------------------------------------------------------------
Parallèlement aux réformes du TNP, des avancées doivent être
obtenues dans d’autres domaines. Ainsi, le traité d’interdiction
des essais nucléaires doit être ratifié par tous les Etats dont
l’adhésion est nécessaire à l’entrée en vigueur du texte, notamment
les Etats-Unis. L’organisation actuelle, provisoire, permet déjà de
disposer de certaines capacités de détection des essais nucléaires,
mais la mise en place du système final est une
nécessité.-------------------------------------------------------
En revanche, je ne crois pas aux initiatives de type « banque du
combustible ». L’Iran a déjà été victime de la rupture, par la
France, de ses engagements en matière de fourniture de matière
première pour des centrales nucléaires. On a alors parlé de «
l’affaire Eurodif », du nom de l’usine d’enrichissement française
que les Iraniens avaient partiellement financé. On peut donc
comprendre que les Etats souhaitent maîtriser le processus
d’enrichissement afin de ne pas être le jouet d’engagements
internationaux considérés comme trop
fluctuants.-----------------------------------------------------------------------------
Enfin, il est absolument nécessaire pour que soit mis en place un
système de contrôle des stipulations de la convention sur les armes
biologiques et les toxines, comparable à celui existant dans le
cadre de la convention d’interdiction des armes chimiques. Des
agents pathogènes aux effets redoutables existent aujourd’hui, et
doivent être contrôlés, sinon
détruits.--------------------------------------------------------------------------
M. le président Axel Poniatowski. Je remercie les rapporteurs pour
le sérieux de leur travail très détaillé, et la qualité des
réflexions qu’ils ont menées. Je partage votre appréciation sur le
risque de prolifération appliqué à l’Iran : quand bien même cet
État en arrivait à détenir l’arme nucléaire, les mesures de
rétorsion à son encontre en cas d’emploi seraient très
destructrices. En revanche, ne sous-estimez vous pas le risque
induit de prolifération, à commencer par les États sunnites du
Golfe ? Sur ce point, j’arrive à une conclusion inverse de la vôtre
: si rien n’est fait, le danger est grand d’une prolifération
immédiate en Arabie Saoudite, mais aussi en Égypte et en Turquie.
Par ailleurs, j’adhère entièrement à vos propositions concernant la
révision du TNP, en particulier pour inclure les États dotés du
nucléaire militaire. Sans cette novation, le TNP déjà de peu
d’influence disparaîtra complètement. J’y insiste : c’est l’une des
propositions les plus importantes de ce
rapport.--------------------------------------------------------------------------
Mme Marie-Louise Fort. Je veux à mon tour féliciter les
rapporteurs. Pendant très longtemps on a connu un sentiment de
crainte à l’égard de l’arme nucléaire, d’où la lutte contre la
prolifération. L’arme biologique a également suscité de grandes
inquiétudes. Quelles menaces voyez-vous à l’avenir ? Verra-t-on se
multiplier des guérillas très sophistiquées utilisant les nouvelles
technologies ? Assistera-t-on à des « guerres virtuelles », des
guerres cybernétiques ? Comment s’en prémunir ? Des recherches
sont-elles en cours dans ce domaine
?--------------------------------------------------------------------------
Mme Nicole Ameline. Ce rapport est un document de référence, digne
d’éloges. Je souhaiterais interroger les rapporteurs sur
l’appréhension de ce sujet au sein de l’OTAN, à la lumière de la
place nouvelle que la France y occupe. Quelles implications ce
retour de la France emporte-t-il en termes de dissuasion ? Alors
que nombre d’États de l’UE se placent sous la protection
américaine, comment promouvoir une vision européenne de la
dissuasion
?------------------------------------------------------------------------------
M. Jean-Paul Lecoq. J’analyserai avec la plus grande attention les
présupposés du rapport car je crains d’y trouver un biais.
Aujourd’hui, il n’est pas de réflexion sur les sujets d’importance
mondiale qui ne souligne la prédominance de la Chine ; l’économie a
pris le pas sur le politique. Or le rapport continue à s’inscrire
dans une logique dépassée, celle de l’équilibre de la terreur. Je
suis en profond désaccord avec une telle vision, qui oublie de
s’intéresser aux causes du comportement belliqueux d’un État envers
un autre. Ces causes sont à rechercher dans l’économie, dans la
situation de misère où vivent les populations. Mais nous préférons
agiter des menaces : celle des prétendues armes de destruction
massives qui ont justifié la guerre en Irak, ou celle du virus H1N1
qui n’a d’autre but que de préparer la France à une éventuelle
attaque biologique, contrairement à ce que l’on fait croire à nos
concitoyens. Enfin, je récuse l’attitude consistant à récompenser
les délinquants en adaptant le droit international – le TNP en
l’espèce – aux États qui ne respectent pas les règles existantes,
comme Israël par exemple.
-----------------------------------------------------------------------------------------
M. André Schneider. J’adresse moi aussi mes félicitations aux
rapporteurs pour les nombreux éclaircissements fournis. Comment
voyez-vous la sécurité mondiale évoluer dans un proche avenir ?
Quelles tendances pour le nombre de têtes nucléaires ? Quel risque
majeur ? Et que peut faire la France face à cette situation
?-----------------------------------------------------------------
Mme Martine Aurillac. Ce rapport est extrêmement intéressant. Je
vous suis notamment reconnaissante de nous mettre en garde contre
les chimères du bouclier anti-missiles. Pouvez-vous nous dire quels
sont les États qui refusent les contrôles de l’AIEA, hormis l’Iran
?------------------------------------------------------------- M.
Michel Terrot. Félicitations pour ce travail. M. Myard a écarté la
possibilité pour des groupes terroristes de fabriquer des armes
nucléaires et je souscris à cette analyse. Mais quid de la capacité
de tels groupes à se procurer des armes nucléaires en profitant de
la faiblesse de tel ou tel État en détenant ? Que se passerait-il
par exemple si un régime islamiste plus ou moins inféodé à Al Qaida
s’emparait du pouvoir au Pakistan
?---------------------------------------------------------------------------
M. Dominique Souchet. Comment mesurez-vous le risque proliférant au
Moyen-Orient à partir du cas iranien ? En particulier, pouvez-vous
préciser ce qui vous amène à minimiser ce risque pour la Turquie et
l’Arabie Saoudite ? Que penser des recherches réactivées en Égypte
? Je comprends votre analyse sur l’effet mécanique de l’élévation
du niveau culturel mais ce raisonnement apaisant tient-il toujours
dans un contexte d’accélération du processus d’accession à l’arme
nucléaire en Iran ? La prolifération dans un grand État sunnite
aura-t-elle un effet plutôt stabilisateur ou déstabilisateur
?------------------------------------------------------ M.
Jean-Michel Ferrand. Ce rapport est passionnant mais inquiétant. On
peut se demander s’il existe vraiment un droit international dans
le domaine de la prolifération. Chaque fois qu’un sujet délicat se
présente, on nous explique qu’aucun droit n’est applicable, qu’il
s’agisse de l’intervention militaire des États-Unis en Irak, de la
reconnaissance du Kosovo ou du régime de contrôle des armes
biologiques. En définitive, le seul élément de stabilité semble
être la dissuasion nucléaire. Hommage soit donc rendu au Général de
Gaulle ! Mais n’y a-t-il d’autre rempart aujourd’hui que la
dissuasion ?--------------------------------------------------- M.
Paul Giacobbi. Je suis reconnaissant aux rapporteurs de la qualité
de leurs propos, clairs et nets. Je veux souligner le caractère
fondamentalement inégalitaire du TNP. D’une part il n’incluait à
l’origine que les États détenteurs et gelait ce fait accompli.
D’autre part il n’empêche pas que l’on ratifie à présent un accord
avec l’Inde, récompensant un comportement que l’on reproche
justement à l’Iran… L’hypocrisie est manifeste : souvenons-nous que
les premiers essais nucléaires indiens étaient justifiés par de
prétendus travaux de canalisation au Rajasthan ! Quant au Pakistan,
il est dans la dénégation. Le problème est que le TNP est en
contradiction avec la nature même de l’arme nucléaire : comment la
réserver aux grands États alors que le pouvoir égalisateur de
l’atome donne à cette arme un intérêt considérable pour les petits
et moyens États ? Et prétendre endiguer le phénomène par une sorte
de confinement technologique est illusoire, tant les systèmes
électroniques les plus sophistiqués ou les capacités de puissance
de calcul nécessaires se répandent à travers le monde à l’heure
actuelle. J’observe que le mécanisme du TNP consiste à s’en
remettre entièrement à l’AIEA. Or son action – notamment celle de
la direction générale actuelle finissante – ne me semble pas très
convaincante, même lorsque l’agence a accès aux informations
qu’elle demande. Certaines pratiques sont même choquantes de la
part d’un directeur général que l’on a trop tendance à porter aux
nues, dans les choix de diffusion ou de non-diffusion de certains
rapports. Monsieur le Président, la commission ne pourrait-elle, à
partir de ce rapport d’information, porter une contribution propre
sur la position française à l’égard du futur TNP
?-------------------------------------------------------- M.
Jean-Claude Guibal. J’adresse mes compliments aux rapporteurs, qui
décrivent un monde dangereux, immaîtrisable en apparence. Les
risques de nature biologique et cybernétique sont patents. Que
pouvez-vous nous dire du rôle de l’OTAN à l’égard du TNP ?
L’organisation a-t-elle une doctrine en la matière ? Enfin, je
souhaiterais savoir si la dissémination de l’arme nucléaire peut se
trouver mécaniquement favorisée par les liens que les chercheurs
spécialisés dans ce domaine entretiennent, par-delà les États.
Quels sont les principaux bénéficiaires de la dissémination
?-------------------------------------------------------------------------
M. Christian Bataille. Je veux féliciter à mon tour les rapporteurs
pour la qualité de leur travail. Je voudrais aborder un domaine qui
est à la marge de ce rapport. Jean-Michel Boucheron et Jacques
Myard ont tous deux insisté sur la question de la dissémination et
sur les menaces pour la planète, mais se pose aussi la question des
dégâts environnementaux considérables qui ont été causés entre les
années 1940 et 1960, voire plus, lors des campagnes d’essais
nucléaires. La France a été exemplaire ici, en témoigne la
situation aujourd’hui au Sahara ou en Polynésie. En revanche, la
situation est terrifiante en Russie, que ce soit au Kazakhstan ou
en Arctique ; c’est la même chose du côté américain, dans le
Pacifique, sur l’atoll de Bikini ou dans le désert du Nevada, du
Nouveau-Mexique où, encore aujourd’hui, de larges zones sont
restent interdites d’accès. De leur côté, les Britanniques,
toujours prompts à nous donner des leçons dans le Pacifique, n’ont
pas hésité à polluer le sud australien, plus précisément le désert
de Matalinga. En d’autres termes, tout autour de la planète, les
dégâts environnementaux dus aux essais nucléaires militaires sont
considérables, et je ne parle pas de la Chine sur laquelle on ne
sait toujours rien. Y a-t-il une autorité internationale chargée de
faire l’inventaire qui serait nécessaire, ou d’intervenir pour la
dépollution de ces zones contaminées depuis les années 1940 ou 1960
? ---------------------------------------------------------------
M. Jacques Myard. Le droit international est imparfait et la
société internationale n’a pas tout résolu. On ne peut pas dire
pour autant qu’il est inefficace. A preuve, le fait que sur la
question du contrôle des armes chimiques, la dissuasion a
effectivement joué entre 1939 et 1945, même si on ne peut oublier
que Saddam Hussein en ait ensuite utilisé contre les Kurdes et les
Iraniens. C’est un problème réel. Cela dit, je ne partage pas
l’avis de Jean-Paul Lecoq : il y a des pays qui n’ont pas signé le
TNP, sans être pour autant dans l’illégalité. Israël et le Pakistan
y échappent car ils n’y ont pas adhéré, tout comme la France
d’ailleurs pendant longtemps. En ce qui concerne l’Iran, c’est
différent : il a signé et a caché des informations à l’AIEA ; il a
de même signé l’article 92-3 sans le ratifier. L’important est
qu’il faut continuer de développer le système, et prendre en compte
la réalité : le système risque effectivement d’imploser mais quand
il fonctionne, il le fait bien et il a toute son utilité. C’est un
socle dans lequel il y a des imperfections mais sur lequel il faut
continuer de bâtir malgré ses
défauts.-----------------------------------------------------------------------------
Quant à la dissuasion européenne, c’est très clairement une utopie
; la dissuasion de la France ne peut pas servir à tout le monde. Il
n’y aura pas de dissuasion européenne, c’est une position que tous
les présidents de la République ont
partagée.---------------------------------------------------------
Pour répondre à Michel Terrot, si les talibans prennent le pouvoir
au Pakistan, la dissuasion jouera entre Etats et les choses se
calmeront. Le nucléaire a cet avantage d’être un réducteur
d’intensité des conflits. Pour reprendre une formule du général
Gallois, l’atome rend sage ; c’est même un des éléments de l’enjeu.
Les contrôles peuvent être améliorés, mais cela reste un domaine
sur lequel les certitudes n’existent pas. Le monde est dangereux,
c’est la seule réalité et toute faiblesse est coupable. Il faut
donc avoir la capacité de maintenir nos
forces.-------------------------------------- Quant à la question
de la dépollution, je n’ai pas d’élément particulier, sauf le fait
que la France participe à des programmes sur l’ancienne flotte de
sous-marins de Mourmansk. En ce qui concerne le Kazakhstan, c’est
une tout autre
histoire.------------------------------------------------------------------------------
M. Jean-Michel Boucheron, rapporteur. En termes de sécurité, les
conclusions de notre rapport sont rassurantes : la dissuasion
relève des Etats et les terroristes n’ont pas accès aux armes de
destruction massive.
-----------------------------------------------------------------
Sur ces dernières, une lecture approfondie fait apparaître que
cette problématique est d’abord une lutte politique et stratégique.
Dans le monde multipolaire actuel, les Etats cherchent à s’affirmer
comme des puissances régionales. C’est cette perspective de
leadership régional qui justifie éventuellement la possession de
ces
armes.--------------------------------------------------------------
Sur l’évolution de la prolifération au Moyen-Orient, nous n’avons
pas de certitudes. Cependant, l’Arabie Saoudite ne semble pas
redouter une attaque nucléaire iranienne et s’estime sous la
protection des Etats-Unis grâce à ses ressources pétrolières. Quant
à la Turquie, elle ne se sent pas menacée par l’Iran mais aspire à
dominer la région : cette volonté stratégique pourrait
éventuellement amener la Turquie à développer ses
capacités.----------------------------------------------------------------
La France est insuffisamment préparée à la guerre cybernétique. A
titre de comparaison, la Chine est sur le point de construire « une
grande muraille numérique » pour se protéger contre ce type
d’attaques tandis que le Président Obama a nommé 1000 spécialistes
pour travailler sur cette question et commander un rapport sur ce
qu’il appelle le « cinquième espace stratégique » (après la terre,
l’air, la mer et l’espace). Notre pays vient de créer l’agence
nationale de sécurité des systèmes d’information mais il faut la
doter des moyens
nécessaires.-----------------------------------------------------------------
La dissuasion ne peut être entre les mains que d’un pouvoir
centralisé à l’image du Président de la République sous la Vème
République. Or, l’Europe est loin de satisfaire ce critère
aujourd’hui.--------------------------------------------------------
Mme Nicole Ameline. Ma question ne portait pas sur la capacité de
dissuasion de l’Europe mais sur le point de savoir comment
renforcer l’influence française dans la définition du nouveau
concept stratégique de
l’OTAN.-------------------------------------------- M. Jean-Michel
Ferrand. M. Boucheron est devenu
gaulliste.------------------------------------------- M. Jacques
Myard. Il l’a toujours été---------------------------------. M.
Jean-Michel Boucheron. Je suis un des rares députés à avoir une
photo du général de Gaulle dans mon
bureau.----------------------------------------- Le nouveau concept
de l’OTAN est en cours d’élaboration. La véritable préoccupation
concerne la défense européenne mais il faudrait plus de temps pour
développer ce
sujet.------------------------------------------------------------
Je ne crois pas à la doctrine du « soft power » qui ne semble pas
la réponse adaptée aux problèmes futurs, posés notamment par la
pénurie des ressources et d’énergie. A cet égard, la politique
chinoise est instructive : son budget militaire explose de même que
ses capacités nucléaires. Je suis convaincu que ce n’est pas parce
que le rapport de forces existe qu’on utilise la
force.------------------------------------------------------ Pour
conclure, il me semble que le monde d’aujourd’hui est plus
rassurant que celui d’hier car la question des armes de destruction
massive relève d’un rapport entre les puissances rationnelles que
sont les
Etats.-----------------------------------------------------------
La commission autorise la publication du rapport
d’information.----------------------------------------------------------------
La séance est levée à onze heures
trente.------------------------------------------- ____ Membres
présents ou excusés------------------------------------ Commission
des affaires
étrangères-----------------------------------------------------
Réunion du mercredi 18 novembre 2009 à 9 h
30------------------------------- Présents. - Mme Nicole Ameline,
Mme Sylvie Andrieux, M. François Asensi, Mme Martine Aurillac, M.
Jean-Paul Bacquet, M. Patrick Balkany, M. Jacques Bascou, M.
Christian Bataille, M. Roland Blum, M. Jean-Michel Boucheron, Mme
Chantal Bourragué, M. Loïc Bouvard, M. Jean-Christophe Cambadélis,
M. Hervé de Charette, M. Dino Cinieri, M. Pascal Clément, M.
Philippe Cochet, M. Gilles Cocquempot, M. Pierre Cohen, Mme
Geneviève Colot, M. Alain Cousin, M. Michel Delebarre, M. Michel
Destot, M. Tony Dreyfus, M. Jean-Pierre Dufau, M. Jean-Paul Dupré,
M. Jean-Michel Ferrand, Mme Marie-Louise Fort, M. Paul Giacobbi, M.
Gaëtan Gorce, M. Jean-Claude Guibal, Mme Élisabeth Guigou, M.
Didier Julia, M. Jean-Pierre Kucheida, M. Patrick Labaune, M.
Jean-Paul Lecoq, M. Robert Lecou, M. François Loncle, M. Didier
Mathus, M. Renaud Muselier, M. Jacques Myard, M. Alain Néri, M.
Jean-Marc Nesme, M. Henri Plagnol, M. Axel Poniatowski, M. Éric
Raoult, M. Jean-Luc Reitzer, M. Jacques Remiller, M. Jean Roatta,
M. François Rochebloine, M. Jean-Marc Roubaud, M. Rudy Salles, Mme
Odile Saugues, M. André Schneider, M. Dominique Souchet, M. Michel
Terrot, M. Gérard Voisin--------------------------------- Excusés.
- M. Jean-Jacques Guillet, M. Lionnel Luca, Mme Henriette
Martinez------------------------------------ Assistait également à
la réunion. - M. Hervé Gaymard ------------------------------
Dec
29th
conseil constitutionnel et Taxe carbone
By TRCHA92
PARIS - Le Conseil constitutionnel a annoncé mardi avoir annulé la
taxe carbone qui devait entrer en vigueur le 1er janvier, estimant
que la loi crée trop d'exemptions, ce qui est "contraire à
l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique" et crée une
inégalité face à
l'impôt.-----------------------------------------------------------------------------
Les juges constitutionnels avaient été saisis le 22 décembre par
les parlementaires socialistes sur le projet de budget pour 2010
instituant cette nouvelle taxe verte.------------------------------
Ils ont considéré, selon un communiqué publié mardi soir, que
"l'importance des exemptions totales de contribution carbone
étaient contraires à l'objectif de lutte contre le réchauffement
climatique et créaient une rupture d'égalité devant les charges
publiques".------------------------------------------------ "Moins
de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été
soumise à la contribution carbone", en raison de ces multiples
exemptions, selon les sages du Palais
Royal.----------------------------------------- Ainsi,
relèvent-ils, "étaient totalement exonérées de contribution carbone
les émissions des centrales thermiques produisant de l'électricité,
les émissions des 1.018 sites industriels les plus polluants"
(raffineries, cimenteries, cokeries...), "les émissions du
transport aérien et celles du transport public routier de
voyageurs".-------------------------------------------- "Ces
exemptions auraient conduit à ce que 93 % des émissions d'origine
industrielle, hors carburant, soient exonérées de contribution
carbone", selon le
texte.------------------------------------------------- La taxe
aurait donc "porté essentiellement sur les carburants et les
produits de chauffage qui ne sont que l'une des sources d'émission
de dioxyde de
carbone".---------------------------------------------- Le conseil
présidé par Jean-Louis Debré a donc "censuré l'ensemble du régime
relatif à cette contribution".------------------------ François
Fillon présentera le 20 janvier en conseil des ministres un nouveau
dispositif de taxe carbone tenant "pleinement compte des
observations du Conseil constitutionnel", a annoncé Matignon dans
un communiqué. ----------------------------------- Voulue par
Nicolas Sarkozy, la taxe, rebaptisée "contribution carbone" par le
Sénat, était une mesure phare du projet de budget
2010.--------------------------------------- Elle visait à inciter
les Français à réduire leurs émissions de CO2 en s'appliquant à la
consommation d'énergie des ménages et des entreprises, avec une
compensation pour les particuliers.
---------------------------------------------------- Fixée à 17
euros la tonne de dioxyde de carbone (CO2), elle avait soulevé
d'importantes contestations à gauche - en premier lieu de la part
de la socialiste Ségolène Royal - qui la jugeait "écologiquement
inefficace et socialement injuste", mais aussi à droite où certains
dénonçaient l'instauration d'un nouvel
impôt.-------------------------- ----------------------- Les Verts
pour leur part en approuvaient le principe mais jugeaient son taux
largement insuffisant pour inciter à des comportements vertueux.
-----------------------------------------------------------------------AFP,
publié le 29/12/2009 à 21:02
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