Dominique de Villepin: "une souveraineté partagée avec l'Europe" (le 28 juin 2012, E1)
Invité de Bruce Toussaint sur Europe 1 jeudi matin, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a déploré le "grand contresens" que chacun fait "en imaginant qu'une grande souveraineté européenne, c'est l'horreur". "Aujourd'hui, l'indépendance n'a pas le même sens qu'à l'époque du Général de Gaulle", a-t-il assuré avant de développer sa propre vision de l'Europe, alors que les 27 se réunissent jeudi à Bruxelles."Je préfère être un pays équilibré financièrement dans le cadre européen, à partir d'une souveraineté partagée avec l'Europe. Je suis pour une union bancaire, pour union financière et surtout une union politique. Il faut un président de l’Europe, un gouvernement de l'Europe, un exécutif européen et il faut aussi une capacité législative. Ça veut dire qu'il faut un budget de l’Europe. Si nous voulons peser nous avons besoin de l’Europe", a assuré Dominique de Villepin.L'ancien Premier ministre a dressé un message au président français. "Il faut qu'il choisisse et qu'il n'ait pas peur. Il faut à la fois plus de contrôles et donc avancer vers plus d'union politique, et en même temps, il faut plus de solidarité", a-t-il affirmé plaidant pour que "Français et Allemands (fassent chacun) la moitié du chemin". C'est ainsi, a-t-il conclu, que "nous avancerons tous ensemble".

30 Commentaires
DDV souhaite que l'Europe se dote d'une véritable politique monétaire et puisse prendre les décisions de dévaluer l'euro comme le font certains pays (Grande Bretagne par exemple) afin d'alléger le poids de la dette et être plus compétitifs (de ce fait mener une politique inflationniste également). Outre cette décision qui semble de plus en plus s'imposer , Il faut rappeler que Merkel est contre une intervention de la BCE pour mener une politique monétaire , (En revanche que celle-ci crée de la monnaie à hauteur de 1000 milliards d'euros pour l'injecter dans le système bancaire, cela ne la dérange pas) .
DDV souhaite plus d'intégration budgétaire et politique de l'Europe , Il souhaite que la rigueur budgétaire soit mise en place et que nos budgets nationaux soient contrôlés par un organe européen , afin que les politiques budgétaires soient concordantes . Il est évident que lorsqu'une politique monétaire est mise en place, sans politique budgétaire cohérente, celle-ci se voue à l'échec (nous en avons eu la preuve depuis 2008 en zone euro). Cependant, est-il nécessaire de rappeler que nous élisons nos députés également pour le vote du budget et que ce dernier transféré à Bruxelles à un organe non élu fait perdre un droit aux citoyens français. DDV nous affirme par ce biais que nous devons, nous citoyens, accepter une perte de souveraineté de la France au bénéfice de l'Europe afin de faire face aux pays tels que la Chine qui émergent. La perte de souveraineté nationale au bénéfice d'une souveraineté européenne est une très belle utopie , elle aurait été réaliste si les citoyens avaient eu part au débat démocratique. Les seuls élus par le peuple européen sont les parlementaires européens . Ont -il un pouvoir décisionnel en Europe ? La souveraineté appartenant au peuple et à ses représentants élus par lui, perdre notre souveraineté au bénéfice d'une europe non démocratique, est-ce franchement raisonnable ?
En cela, DDV souhaite une Europe beaucoup plus démocratique à travers l'instauration du suffrage universel justement. Cette solution avait été mise sur le tapis il y a quelques temps pour élire le président de la commission européenne. Mais ils ne sont pas fous … Quand le pouvoir décisionnel appartient à une technocratie, aucun compte ne peut être demandé . Le contexte est différent lorsqu'il est responsable devant le peuple (surtout quand celui-ci pèse 500 millions d'âmes)
Enfin, une Europe plus solidaire ? Quand Merkel s'étrangle juste en entendant le mot euro bonds , nous sommes encore loin du compte.
Alors oui pour une Europe fédérale si celle-ci s'était souciée avant tout du peuple. Si celle-ci n'avait pas été non plus une dictature de plus en plus voilée. Quand celle-ci ne concerne qu'une centaine de personnes alors qu'elle aurait du en concerner 500 millions, comment voulez-vous que toutes ces sages décisions puissent être mises en place et comment voulez-vous seulement faire accepter au peuple français de se plier aux exigences de l'Europe quand celle-ci devient allemande ? Car nous le savons tous : la décision de faire évoluer l'Europe vers une fédération, ce sera pour toujours mieux asseoir l'hégémonie de l'Allemagne , Le rêve de la grande Europe...
Bien que je sois d'accord avec tous les points énoncés sur la politique économique, monétaire et budgétaire : se servir de la monnaie comme instrument économique , plus de rigueur dans les budgets nationaux (car nous n'avons pas le choix) et concordance d'une politique budgétaire européenne puisque monnaie commune, je ne peux vous suivre l'instant T quand je vois que cette Europe n'a aucune légitimité à s'imposer à nous citoyens puisque si loin du peuple et si proche des banques ,
On peut tout perdre en tant que citoyen, mais pas notre nation.
Qu’un jour il y ait un gouvernement à sa tête pour des décisions concernant l’énergie, la sécurité, l’université avec des possibilités de consultation par suffrage universel, doit-on s’en réjouir ou en avoir peur ?
Je pense que nous aurions tord de nous y opposer. Il peut y avoir des étapes pour arriver à cela. Mais ce serait quand même le grand saut de la construction européenne et jamais nous n’aurions pu le faire sans être bousculé par la crise.
Se faire bousculer n’est jamais drôle, mais il arrive que le gain de l’action ainsi réalisé soit ensuite manifeste.
Sinon, tout continuerait comme avant, de petites crises en petites crises, les inégalités grandissantes sans qu’on y puisse rien, les petites entreprises fermant peu à peu, le chômage inexorable, les services publiques disparaissant insidieusement, la France en perte d’identité, de plus en plus frileuse vis-à-vis des immigrés. Et tout cela malgré un gouvernement de gauche, puisque les états eux-mêmes ont perdu une grande partie de leur pouvoir.
Puisque le pouvoir nous échappe, peut-être, comme l’indique D de Villepin, faut-il aller le chercher là où il est, où en tous cas il a des chances de se faire entendre, à la tête d’un grand ensemble comme pourrait être l’Europe.
DdV propose qu’elle puisse se construire à 3 vitesses.
_France _Allemagne et quelques pays
_Les pays de l’euro et ensuite les27
_ Avec la Turquie et la Russie comme partenaires
C’est ambitieux, en tous cas c’est voir très loin, et c’est donner un cap, plutôt une direction, qui nous sort du flou d’impuissance actuel.
Cela sans la consultation des citoyens, comme le remarque Clara ? Même pas le temps de tergiverser et de demander l’avis de chacun ?
C’est maintenant que la mobilisation est nécessaire, qu’on peut écouter ceux qui appellent au rassemblement plutôt que les voix discordantes. Il me semble que dans ses interventions d’hier et d’aujourd’hui, DdV manifeste
son souhait que la droite toute entière y compris peut-être le centre, se rassemble en différents courants. Ce serait une droite constructive, c’est-à-dire non d’ opposition systématique. Effectivement il y a du travail. Nous sommes tous concernés, que nous choisissions la droite, le centre, ou la gauche. Il ne faut pas complètement oublier, maintenant que DdV peut rejoindre l’ UMP que cela reste possible de discuter ensemble, hors clivage sur certains projets.
À mon avis, c'est aux Français qu'il appartient de changer de méthode, ce qui renforcera la dimension démocratique de l'ensemble.
@José Jimenez, l'électrochoc nous l'avons déjà...Le pousser plus loin ? Aucune assurance ensuite d'une amélioration, et que tout ne recommence pas de la même façon. Je pense que c'est maintenant que les décisions sont cruciales.
DdV les voit dans ces domaines: Energie, Sécurié, universités.
Dans une Europe démocratique, chaque nation participerait à ce gouvernement, et garderait sa souveraineté dans les autres domaines. Vous pensez que ce ne serait pas une solution YellowSubmarine ?
Pour vous dire le fond de ma pensée, la source des problèmes que nous rencontrons aujourd'hui vient de la décolonisation à laquelle notre tissus économique et social n'a pas survécu : nous n'avons plus les moyens de notre politique et ce n'est pas en nous jettant dans les bras d'une hypothétique europe que nous sauverons notre système, bien au contraire. Ce n'est pas non plus en adoptant les méthodes économiques anglo-saxonnes qui auront survécu à la perte de notre empire que nous y arriverons non plus.
Il nous faut plus d'ambition que le seul rétablissement de la croissance économique, il nous faut plus d'imagination que la simple adoption d'un système économique qui nous est étranger et plus d'audace que la soumission élémentaire à une autorité supérieure.
Il nous faut tourner le dos à une politique menée au seul profit d'une poignée d'idéologues sans foi ni loi, nous devons rassembler nos capacités et nos moyens actuellement dissouts dans une mondialisation sans intérêt pour les Français et raviver par la même occasion l'espérance de millions de déçus et laissés pour compte : seule l'énergie du désespoir nous permettra de franchir l'obstacle insurmontable qui se dresse devant nous et semble n'avoir qu'une seule finalité : plonger la France dans un bain de boue universelle dont nous ne ressortirons jamais indemnes.
Ce n'est pas en devenant "comme les autres" que nous nous en sortirons mais en refusant de ne plus être nous-mêmes. Cette résistance à l'absorption dans la fange mondialiste sera notre contribution à l'enrichissement de la diversité universelle. Après tout, c'est, et notre DROIT, et notre DEVOIR.
Alors l'Europe, voyez-vous, je trouve que ça commence à bien faire maintenant et que ça suffit comme ça !
Et ces dates sont importantes, car la déliquescence est arrivée après.
En obtenant l’arme nucléaire, contre tout le monde, à l’extérieur comme à l’intérieur, en lançant le « plan calcul » qui nous a donné cette avance en matière d’informatique, en promouvant notre drapeau et notre pays, sans cesser, et en glorifiant notre patrie comme si elle et lui ne faisait qu’un, De Gaulle à tracé, comme un laboureur, le sillon de la France pour l’amener à son redressement.
Mais la réalité est tout autre aujourd’hui, et la France, de 3ème puissance mondiale, est passée aujourd’hui à la 18ème et la 25ème place en PIB, suivant le classement donné soit par le FMI, soit par la banque mondiale.
Aujourd’hui, il faut regarder les choses en face, c’est fini, nous n’avons plus les moyens de nos ambitions.
En passe de subir, dans un laps de temps relativement court (30 à 40 ans) une sorte de génocide par substitution ou à tout le moins, une colonisation par nos anciennes colonies,
La seule façon de résister sur le plan économique à la pression américano-sino-indienne est de « mutualiser nos dépenses militaires, notre représentation diplomatiques et commerciale, notre recherche.
Mutualiser notre administration, nos représentations populaires ;
Adopter une représentation à la proportionnelle, et faire le toilettage de nos strates administratives.
Créer un véritable conseil de l’écologie européen, qui fera respecter à l’intérieur de l’Europe comme à ses frontières, l’urgence d’adopter des normes environnementales draconiennes.
Car pour moi l’Ecologie n’est pas un parti, c’est une façon de vivre et une nécessité environnementale.
Et arrêter ce libre échangisme forcené et débridé qui ruine nos économie, tue nos industries, matraque notre environnement et fait la fortune d’une minorité agissante de financiers milliardaires et cupides.
"...Le moment nous invite à redéfinir une philosophie de l’Europe. Les nations sont et en restent les piliers
…L’Europe, pour un gaulliste, n’est pas seulement l’ Europe des Etats mais aussi l’Europe des peuples. La construction Européenne perd tout son sens si elle ne s’enracine pas….nous devons nous donner des garanties et la première garantie, c’est une nation forte…
L’ Europe ne nous sauvera pas si nous ne nous sauvons pas nous-mêmes
Je ne peux me résoudre voir la politique subir depuis tant d’années les évènements, sans pouvoir construire par elle-même. Quels sont les succès des dernières années ? Uniquement les réactions d’urgence, au plus fort des crises …Mais cette réactivité ne dit rien de ce que nous sommes ou de ce que nous voulons être. Elle est au
contraire source d’angoisse, car elle nous montre sans cesse au bord des précipices et est incapable de nous en écarter.
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…Que nous le voulions ou non, nous sommes une nation mondiale, c’est-à-dire une nation en respiration avec le monde, qui inspire et irrigue l’histoire mondiale depuis de longs siècles. Notre indépendance nationale, notre quête d’universel, notre effort de dépassement sont d’ores et déjà des pages de l’histoire mondiale.
Pis, nos renoncements sont un affaiblissement pour les forces de la liberté et du progrès dans le monde. Nous ne pouvons assister silencieux à l’extinction du message de la France dans le monde, car la question mondiale ne sera jamais, pour la France, totalement séparée de la question nationale. C’est le propre d’une nation spirituelle, attachée à l’universel, héritière du message universel des Lumières et du progrès. Ces mots paraissent souvent trop grands aux Français eux-mêmes, mal à l’aise dans les vastes habits de leur passé
Il faut entendre la voix de ceux qui ont choisi la France…tel Eugène Ionesco :
« Le désastre dont nous souffrons atrocement est dû à la faute de la France. Fatiguée, elle n’était plus présente dans le monde, elle ne croyait plus à la nécessité de sa présence et de sa mission. La Bête s’est ruée sue l’Esprit malade. Ce qui se passe depuis 20 ans dans le monde n’est que le symbole et le commencement de ce qui pourrait se passer si la France ne peut plus marquer sa présence. Et ce serait la punition du monde de l’avoir assassinée….je ne pourrais vivre dans un monde où il n’y aurait plus de France, dans un corps vide. Je n’ai qu’une patrie, c’est la France, car la seule patrie est celle de l’Esprit. » …
Par delà la différence des époques, les échos n’en sont pas moins remarquables. La France a une responsabilité vis-à-vis du monde .Elle a une responsabilité aujourd’hui vis-à-vis de la mondialisation.
page 189
…qui pourrait se réjouir du silence Français ?
Nous pouvons à nouveau être porteurs d’une grande politique de paix, de développement et de sécurité. J’ai
proposé en particulier un partenariat historique entre l’ Europe, le Maghreb et l’ Afrique noire pour répondre aux drames de notre planète que sont la sécurité alimentaire, le règlement des crises politiques, l’accès à l’eau potable, le développement d’infrastructures à l’échelle continentale.
Au Proche-Orient également, la France et l’ Europe avec elle doivent jouer pleinement leur rôle …nous pouvons aider Israël à sortir de l’engrenage de peur et de repli qui caractérise ce pays depuis plusieurs années. Notre force, ce ne seront jamais en premier lieu les chars, et les porte-avions , mais la fidélité à nos idéaux et notre courage à les défendre…
Nous devons être prêts à mettre nos armes au service de nos convictions…l’indépendance nationale suppose d’en payer le prix.
Le nœud gordien de notre relation au monde est bien aujourd’hui économique. La mondialisation nous ramène à notre ambivalence historique. Depuis deux siècles, le monde se rétrécit pour la France à deux fantasmes : la terre de mission et le parti de l’étranger…..(..les guerres…le rayonnement..l’Empire…) et (… les émigrés prêts à s’abattre sur la patrie en danger )
…Avec nos querelles et nos atermoiements, sur les dettes souveraines, sur la gouvernance économique, sur l’harmonisation, nous pouvons être mis pour un siècle ou deux à l’écart de la grande histoire…il est encore temps de l’éviter.
Et depuis août 2011, que s'est-il passé ? Des efforts pour que la France reprenne l'initiative, et beaucoup de "querelles et d'atermoiements" qui rendent les choses encore plus difficiles.
Je continue cependant page 192.
« Faut-il faire le choix de la mondialisation, comme nous le répètent les élites économiques, et politique du pays, promettant sans cesse….
…Page193 :…Cette mondialisation là n’est pas viable, elle est fondée sur la prédation financière, sur la surexploitation des ressources environnementales, sur la fragilisation des économies de production réelles.
Faut-il dés lors, comme cela semble logique, faire le choix de la démondialisation ? …relocaliser, reniationaliser, rapprocher ? La nostalgie de la frontière n’est pas loin…
…A quoi bon répondre par le dogmatisme en renvoyant les démondialisateurs à un passéisme ridicule . Car il y a des arguments de raison à faire entendre.
Ces flux dont nous souffrons sont aussi les flux qui nous nourrissent. La France s’est enrichie dans la mondialisation, mais des Français s’y sont appauvris. C’est bien cela le scandale et le paradoxe.
…Ce que nous devons choisir c’est bien plutôt…
La suite plus tard, ou, mieux, lire page 194.
José Jimenez nous propose un excellent auteur, et surtout économiste de renom, et je ne manquerais pas à l’occasion de découvrir cet ouvrage que je ne connais pas (qui a pourtant 10 ans)
Plus légèrement je vous propose la lecture ou la re-découverte d’un roman né après la crise de 1929, « les raisins de la colère », ou John Steinbeck nous livre une description saisissante d’une famille jetée sur les routes.
Cet auteur de génie qui dans une de ces citations disait :
De tous les animaux de la création, l’homme (ou la femme) est le seul animal qui boit sans avoir soif, qui mange sans avoir faim, et qui parle sans avoir rien à dire.
A méditer.
France soit en mesure d’exporter davantage.
Pas question que la France devienne un parc d’attraction et de loisirs, Gautron.
« Remondialiser, c’est renouer les liens entre notre économie et le monde, multiplier les interfaces, ouvrir des canaux de communication et d’échanges efficaces ».
En fait, il en va d’un pays comme d’une personne. Se maintenir en bonne santé implique des échanges, des liens et des communications.
« La première mesure de notre rayonnement économique reste notre capacité à exporter. Or elle décline dramatiquement…Nous perdons des parts de marché au profit des pays émergeants mais
surtout de nos voisins plus dynamiques…Nous avons toujours été meilleurs inventeurs qu’imitateurs
…Nous ne pouvons pas tout, alors fixons nous des priorités….
…Remondialiser, ce n’est pas inscrire chacun d’entre nous, nu et seul, dans une compétition mondiale, c’est créer un cadre protecteur pour permettre à chacun de se tourner vers le monde.. »
J’ai noté quelques phrases significatives. Il faut lire l’ensemble. Indispensable.
Ce qui n’empêche pas de lire aussi le livre conseillé par José Jimenez " de Thierry de Montbrial, ou 'Les raisins de la colère".
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