Grand emprunt : 2 avis pertinents
·Le centriste Jean Arthuis, président de la Commission des Finances
au Sénat : · · · « Très étonnant, ce grand emprunt !» Jean Arthuis
fait effectivement observer que le Parlement vient tout juste de
voter le projet de loi de finances pour 2010. Mais, poursuit-il, «
nous savons que ce projet de loi de finances est incomplet parce
que dès le mois de janvier, il va falloir examiner un projet de loi
de finances rectificatives pour évoquer le grand emprunt ». Et il
ajoute : « Cela veut dire que le déficit prévisionnel que nous
venons de voter, 117,5 milliards d'euros..., n'est pas le déficit
définitif. Il faudra y ajouter le montant du grand emprunt.
C'est-à-dire que l'on sera aux alentours de 150 milliards d'euros.
Auxquels il faudra ajouter les 33 ou 35 milliards de déficit de la
protection sociale. » « Nous nous sommes tiré une balle dans le
pied avec ce fameux bouclier fiscal. J'en parle d'autant plus
volontiers que je l'ai voté. Je reconnais que j'ai commis une
erreur. » ·Et du même coup, la France va-t-elle s'éloigner encore
davantage du respect de ses engagements européens, ceux induits par
le traité de Maastricht et par le pacte de stabilité ? Pour Jean
Arthuis, l'énigme n'en est visiblement pas une, car il donne peu de
crédit à la promesse de la France de tenir ses engagements
européens. « J'en doute car cette crise n'est pas une crise comme
les autres », dit-il. Avant d'ajouter, sévère : « J'ai le
pressentiment que le potentiel de croissance de la France va être
atteint pour quelques années. »
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le socialiste Didier Migaud, qui préside la Commission des finances
de l'Assemblée nationale « Que le plan de relance ait eu un impact,
c'est évident. Le plan de relance était-il suffisant ? Non !
Explique-t-il que la France ait une récession moins forte que
beaucoup d'autres pays ? Non ! Pas davantage. Ce qui explique que
la récession soit moins forte en France qu'en Allemagne, en
Grande-Bretagne ou en Espagne, voire aux Etats-Unis, c'est le
niveau de nos prestations sociales et de nos politiques publiques.
C'est notre modèle social, que souhaite remettre en cause à travers
un certain nombre de propositions justement le chef de l'Etat. Là,
il est bien content de l'avoir trouvé... » « L'Allemagne a connu
une récession deux à trois fois plus forte que la France. Son
chômage s'est tenu ; il n'a pas sensiblement augmenté. La France,
avec une récession deux à trois fois moins forte que l'Allemagne, a
connu une explosion de son chômage. Cela montre bien les
insuffisances du plan de relance en France. Il y avait un volet
investissement-trésorerie des entreprises qui était utile. En
revanche, le volet soutien à l'emploi ou soutien de la demande et
de la consommation était trop faible ou inexistant. » Didier Migaud
se dit donc convaincu que la France va s'écarter de plus en plus
des engagements européens qu'elle a contractés, ceux de Maastricht
ou du pacte de stabilité. La France, assure-t-il, « s'écarte et
elle continuera de s'écarter ». Le responsable socialiste ne donne
donc aucun crédit à la ministre des finances, Christine Lagarde,
quand elle affirme que les déficits se résorberont quand la
croissance sera de retour. « L'année 2007, dit-il, montre que cela
ne suffit pas de retrouver la croissance puisque cette année-là
nous avons connu une croissance supérieure à 2% et la situation de
nos comptes publics s'est dégradée, parce que Nicolas Sarkozy et le
gouvernement de François Fillon ont continué dans une politique
d'allègements. »
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·« Et puis, l'emprunt, poursuit-il, c'est une modalité de
financement, ce n'est pas une recette. (...) On connaît la fin du
film. Parce que cela s'est déjà passé, dans l'histoire. L'emprunt,
il peut vous permettre de repousser les échéances, le moment de la
facture, mais il ne repousse pas le montant de la facture. Et il
n'allège pas le montant de la facture. Au contraire, il l'augmente.
Et à un moment donné, il faut rembourser (...) Le grand emprunt,
est-ce que cela n'est pas les allègements d'impôts d'hier et les
impôts de demain ? C'est une grande majorité de nos concitoyens
qui, vraisemblablement, va financer le remboursement d'emprunt qui
ont financé des réformes qui ont bénéficié à des contribuables qui
n'étaient pas parmi les moins fortunés. » Conclusion de Didier
Migaud sur la politique économique : « Elle est brouillonne mais je
crois que le président de la République est au fond de lui-même
profondément un libéral (...) La régulation, pour lui, ce n'est pas
spontané. L'encadrement, la régulation, ce sont des choses très
présentes dans ses discours (...) mais le passage à l'acte ne se
fait pas. » D’après L Mauduit Mediapart.fr


2 Commentaires
Les grandes phrases, les grands meetings, devant les médias de tous poils c'est bien mais ce que nous attendons, nous Français-Europeens lambda, c'est du concret de nos politiques. Est il normal en ce moment que des personnes soient obligées de se réfugier dans des gymnases pour ne pas mourir de froid la nuit. La priorité n'est il pas, avec ces quelques milliards d'Euros, une peccadille, semble t'il de les protéger, entre autre.
Un petit stage de chômeur en fin de droit pendant six mois pour bien appréhender la précarité à ces messieurs leurs feraient le plus grand des biens.
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