Présidentielles 2012: Borloo cheval de troie du candidat Sarkozy.
L'ancien ministre de l'Ecologie et président du Parti radical, Jean-Louis Borloo, a annoncé dans la soirée du jeudi 7 avril sa décision de quitter l'UMP. Il a précisé qu'une candidature à la présidentielle sera la "vocation" de son mouvement, sans pour autant annoncer qu'il sera porteur de ce mandat. Celui qui fut maire de Valenciennes de 1989 à 2002 s’est présenté en chef de file de "l’aile sociale, humaniste de la majorité" qu’il souhaite organiser dans ce qu’il appelle, sans que ce nom ne soit encore définitif, une "alliance républicaine". Il la pense plus large qu’une confédération des centres, puisqu’il appelle aussi à lui "les écolos et les gaullistes sociaux". Une alliance qui a "vocation à avoir un candidat" et à "proposer une alternative au PS et à l’UMP". Une alliance, qui pense-t-il même, peut "gagner cette élection." Jean-Louis Borloo, avait déjà quitté la vice-présidence de l'UMP en novembre, prenant alors ses distances d'avec le parti présidentiel .
La crédibilité d'une candidature Borloo prête cependant à sourire. Ministre délégué à la ville et à la Rénovation urbaine de 2002 à 2004 puis ministre de l'Emploi de 2004 à 2007 sous la présidence de Jacques Chirac, Jean-Louis Borloo est nommé ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, de l'Energie du Développement et de l'Aménagement durables du gouvernement Fillon II en juin 2007. Chargé d'organiser le Grenelle Environnement et de préparer, défendre et faire adopter les procédures législatives issues des conclusions de ce dernier : la loi « Grenelle I » du 3 août 2009 puis celle dite «Grenelle II» du 12 juillet 2010, une loi fourre-tout sans véritable engagement, le ministre Borloo s'est aussi très fortement impliqué dans le sommet de Copenhague en présentant un "plan justice-climat" qui visait à réduire les émissions de CO2 en se fondant sur la solidarité entre pays riches et pauvres. Trois ans après son bilan est jugé globalement négativement. De nombreuses associations critiquent depuis le résultat final terni par le report de la « taxe carbone »et ses reculs successifs. Lundi dernier encore l’ancien ministre de l’Écologie a annoncé avoir déposé un projet de loi à l’Assemblée nationale pour « donner à l’État les moyens d’interdire la recherche et l’exploitation immédiate » des gaz et huiles de schiste après qu'il ait accordé au printemps dernier, de surcroît sans consultation des élus et des populations, le permis d’exploration des gaz et huiles de schiste dans une zone d’environ dix mille kilomètres carrés dans la moitié sud de la France. Une décision jugée alors incompréhensible étant donné les gravissimes dommages écologiques provoqués par leur exploitation.
Jean-Louis Borloo s’en va donc mais il revendique dans la forme une rupture tranquille. C’est en creux qu’il a choisi de marquer sa différence avec l’UMP. Il présente sa nouvelle formation comme "plus humaniste, plus affectueuse, plus méthodologique dans les priorités." Il a certes critiqué l'orientation actuelle de l'UMP et du gouvernement sur les thèmes de l'immigration et de l'insécurité. "Ce n'est pas l'essentiel des problèmes français", a-t-il dit, regrettant qu'un "virage social" n'ait pas été pris fin 2010 (nul doute que François Fillon a su apprécier). Il n'a cependant pas rompu les liens avec Nicolas Sarkozy. L'ancien ministre qui, deux jours avant, accompagnait le président de la République dans la Somme pour le lancement des travaux du canal Seine-Nord Europe, s'est en effet gardé pendant toute la durée de l'émission de toute critique directe du chef de l'Etat.
Numéro 2 du gouvernement Jean-Louis Borloo n'a, en effet, rien dit jusqu'à l'automne 2010 sur la politique injuste et partisane conduite par le président de la République. Rien sur le discours de Grenoble. Rien sur le bouclier fiscal et les sanctions contre les chômeurs refusant deux offres « raisonnables » d'emploi. Rien sur la réforme des retraites. Rien sur les réductions du nombre de postes au sein de la Fonction publique... Rien sur la relance des autoroutes, l'abandon de la taxe carbone, Jean-Louis Borloo n'a jamais rien dit jusqu'en ... novembre dernier!
Et si l'initiative prise par Jean-Louis Borloo ne devait servir au total qu' à la candidature Sarkozy? Certes, vendredi, différents ténors de l'UMP se sont exprimés pour critiquer Borloo. François Fillon, en déplacement ce vendredi, a joué l'inquiétude : « L'unité, ça n'est pas une faculté. L'unité, ça n'est pas une option parmi d'autres. L'unité, c'est une nécessité vitale. » Et d'ajouter: « Je dis à Jean-Louis Borloo et aux radicaux qui voudraient le suivre, aux centristes qui hésitent, que je me reconnais moi aussi dans plusieurs des valeurs qu'ils défendent, mais que personne n'a intérêt à découper la majorité en tranches.» François Fillon serait ainsi la première victime de la stratégie élyséenne visant à diviser les prétendants pour mieux régner.
Et si l'émancipation de Jean-Louis Borloo qui devrait être formalisée lors du congrès du parti, les 14 et 15 mai prochain n'était qu'un leurre? Et si celui qui fut pressenti à l'automne 2010 pour succéder à François Fillon avait décidé d'un commun accord avec le candidat Sarkozy de ramener les voix susceptibles de lui faire défaut le moment venu et surtout d'empêcher certaines candidatures de s'imposer comme celle de Dominique de Villepin...


64 Commentaires
Alors il faut se poser vraiment la question de ce que l'on souhaite? Le Pen présidente? Non! Sarkozy président? Non! Le candidat PS président? Re non! L'union fait la force... Bien entendu, Borloo n'est pas Villepin, Villepin n'est pas Borloo, le projet n'est pas forcément le même, mais leur électorat respectifs ne leur permettra probablement pas l'accès au second tour si ils se présentent tous les deux... A mon avis DDV et Borloo, si ils veulent vraiment contrer Sarko, Le Pen et le gauche, doivent s'unir et donner naissance à un projet commun, écologiste, social, humaniste, gaulliste et républicain, qui représenterai une vraie alternative, et ils doivent présenter un seul candidat pour défendre ce projet. Selon moi si une telle alliance devait avoir lieu, le candidat naturel serait DDV, non pas car je le préfère, mais parce qu'il a simplement plus l'étoffe d'un président de la V ème République que Boorlo (forte expérience en diplomatie et en affaires étrangères, la voix de la France à l'ONU, son héritage gaulliste), il a tout simplement la présence et la charisme que n'a pas Borloo. Ce n'est pas pour ça que Borloo n'a pas ses compétences, mais dans le cadre d'une telle alliance, je le vois + à Matignon... Cette alliance est à mon avis la seule chance de victoire, même si elle demande des concessions et des réflexions... Il faut aussi convaincre Bayrou de ne pas y aller, cette fois-ci!!!
Quant à faire un accord avec le Parti Radical,il n'y a jamais d'accords possibles avec ce parti,donc avec Boorlo;Bayrou ira ,donc MLP sera au second tour face au PS.Mais bon d'ici 13 moi bcp de choses vont changer heureusement Attendons le 14 AVril,IMPORTANTISSIMO.
Les chances ou non de Dominique de Villepin ne résident en aucun cas sur des combinaisons électorales, mais sur sa capacité à incarner une alternative républicaine et un espoir, en rupture avec l'oligarchie incarnée par Nicolas Sarkosy et Dominique Strauss Kahn.
Si Dominique de Villepin incarne (ce dont je ne doute pas un seul instant), ce que le Général De Gaulle appelait "une certaine idée de la France", alors tout espoir de victoire est permis.
L'Heure est à la refondation, comme en 1958, pas aux simples rustines.
Il ne faut pas prendre le problème Marine Le Pen à l'envers. Le Front National ne progresse aujourd'hui que par le vide intelectuel ambiant. Le PS et l'UMP sont parfaitement interchangeables.
Les législatives seront alors l'ocassion d'alliances, pourquoi pas avec le Modem et les Radicaux.
@sunnie: bravo! j'ajoute que beaucoup à l'UMP sont divisés pour quitter le parti. C'est vrai qu'ils ont beaucoup à perdre.
Mais ce que je trouve pas très net, dans ce "mouvement Borloo" c' est le financement.
A RS , Mme Brigitte Girardin a été très claire sur l'origine des fonds et l'a affirmé avec courage et fierté.
Sarkozy réussit à convaincre le « parti radical » d'accepter de se présenter à la présidentielle pour faire barrage à Dominique De Villepin. Le cheval est tiré dans le temps de la présidentielle. Les médias profitent de cette aubaine non pour parler des propositions « Borloo » mais pour commenter l’éclatement… l’explosion de l’UMP ! (explosion orchestrée volontairement par Sarkozy lui-même).
Mais voilà ! Le peuple français, les électeurs ne sont pas dupes !
Lorsque les électeurs s’aperçoivent de la supercherie : les sondages chutent (Borloo – Morin et les autres paniquent) !
Les Français s’interrogent : voilà bientôt 5 ans que le chômage fait rage, que le pouvoir d’achat s’est effondré, que les jeunes ne voient plus d’avenir, les séniors se voient spolier de leur retraite… que le Grenelle de l’environnement n’est que partiellement appliqué, que la réforme des collectivités locales mène droit dans le mur… et que « Borloo – Morin et les autres » font campagne tout en défendant Sarkozy et son gouvernement.
Alors les français interrogent Borloo et Morin : « pourquoi avoir cautionné le gouvernement Fillon et vous présenter face à Sarko ? » La réponse semble peut claire. Un Morin qui répond : « Ben ! faut d’mander à Borloo, j’crois qu’c parce qu’on nous a viré » Un Borloo qui répond : « Nous ce qui nous intéresse ce sont les français »
Les électeurs voient le petit jeu d’une manipulation. Non seulement les français ne veulent plus des petites cuisines « politico-merdico » mais ils vont sanctionner… à l’occasion de la présidentielle mais aussi des législatives !
Si le mythe du cheval de Troie avait montré toute son efficacité… Notre démocratie s’exprime par les urnes ! Nul n’est dupe !
L’électeur reconnaitra le candidat qui portera les valeurs d’une France forte, d’une France de la dignité, d’une France du pouvoir d’achat, d’une France de la diplomatie, d’une France respectueuse de son environnement, qu’une France qui prépare la jeunesse et lui donne un avenir, d’une France solidaire…
Dominique de Villepin offre une autre perspective de refondation de la politique avec la fin des "arrangements" qui ont fait tant de mal à notre pays. Il faut élever le débat, c'est le moment ou jamais...
La politique qui consiste à faire :" On prend les mêmes et on recommence" doit s'arrêter, sinon on repart pour une décennie de "combines".
Prenons de la hauteur et portons-nous sur un terrain politique.
Avons-nous des atomes crochus avec cette confédération des centres, héritière à la fois de Lecanuet et des radicaux ? Avons-nous plus d'atomes crochus avec elle que l'UMP en a ?
En matière de politique étrangère, quelle est sa position par rapport à l'atlantisme revendiqué et assumé depuis maintenant 4 ans ? (commandement intégré de l'OTAN....etc). Le centre, depuis LECANUET a toujours été profondément pro-américain.
En matière de construction européenne, est-elle toujours fédéraliste et ne croit-elle pas que la France est un grand pays ?
En matière de politique intérieure, quelle est sa position face au démantèlement de nos services publics ? Veut-elle faire de la réduction des déficits une priorité au détriment de la situation sociale de nos compatriotes, cheval de bataille des libéraux de l'UMP et des sociaux libéraux Strauss-Kahniens ? Est-elle pour une meilleure distribution en matière fiscale ? (si oui, pour quelles priorités ?)
En matière énergétique, quelle est sa position sur le nucléaire civil ? Entend-t'elle céder au "fascisme vert" (pour reprendre l'expression de Luc Ferry) nous rendre dépendant ou au contraire croit-elle à la grande priorité gaullienne de l'indépendance énergétique ?
La politique, comme l'a fort bien analysé Carl Schmitt, c'est l'opposition de points de vue sur tel ou tel problème qui devient politique parce qu'ils est source de clivages. Ce qui sous-entend bien sûr des regroupements qui peuvent, dans certains cas, dépasser les étiquettes et les couleurs (on l'a bien vu lors du referundum de 1992 sur le traité de MAASTRICHT ou lors du referundum de 2005 sur la construction européenne).
Alors, avant de porter tel ou tel jugement de valeur, mettons ces questions sur la table.
Je me sens en ce qui me concerne beaucoup plus proche d'un Chevennementiste et de Dupont-Aignan (qui sur une très grande majorité de points rejoint Villepin) que d'un centriste euro-béat.
Pour les autres : Borloo est-il sincère ? Ne soyons pas des flingueurs de concurrents (personnellement, je ne suis à RS en tant que supporter de DDV, je crois en ses idées c'est tout).... L'avenir nous le dira. C'est tout. Quant à l'argent pris à l'UMP, à partir du moment ou l'UMP était initialement une forme de confédération, il est normal qu'on reprenne ses billes. Non ?
J'en veux personnellement beaucoup plus à certains ministres, ou ex, se revendiquant du gaullisme ou pis, du gaullisme social, d'avoir rejoint ce gouvernement ultra-libéral et atlantiste (je ne vais pas citer de noms mais MAM et Fillon se reconnaitront) qu'à certains centristes qui sont allé à la gammelle et dont, finalement, les idées étaient plus proches.
http://journal.liberation.fr/publication/liberation/582
Sarko a voulu divisé le peuple, il a divisé son partie !!
Le gros pb de la France aujourd’hui est la dette, Si la France trouve une solution à ce pb le reste devient plus gérable…
Il faut donc se concentrer aujourd'hui sur un candidat qui a pour objectif l'intérêt de la France plus que l’intérêt de son partie et de sa personne…
Selon moi, le nombre de politiciens qui ont ce profil sont très limités, mais ceux qui ont un sentiment d'indépendance, et compte sur les français pour arranger les choses sont : Bayrou et DDV. Bayrou a compris cela en 2007 faut le dire !!
Ceci dit, je pense, que DDV est le meilleur candidat en 2012… Si les parties de droite ne veulent pas que ça soit la gauche qui gouverne en 2012, ils sont obligés de choisir un candidat commun (à discuter… Car ds ce cas il est pb que Borloo passe, Sarko ne voudra pas de DDV, et le titre convient lol)
Borloo, et beaucoup comme lui, cherchent un moyen de rester au pouvoir, donc il est certain qu’ils vont s’allier avec le plus fort en 2eme tour, ils trouveront le moyen de justifier leurs choix.
Si DDV reste sur sa ligne actuelle, et résiste aux pressions, il est évidant que les centristes et la droite vont coopérer avec lui, sinon le 2 eme tour sera PS et FN, ce que personne de droite ne souhaite.
Une partie de français veulent un retour vers une France forte, et maitre de son destin… On leur fait croire que ceci arrive seulement avec le FN où ceux qui fleurettent avec lui, c’est la faute à l’euro, aux frontières etc…
Si le programme du 14 avril prochain de DDV est à la hauteur, je n’ai aucun doute que les français vont se mobiliser vers ce parti…
Il ne faut pas oublié qu’en 2007, Bayrou a été troisième avec un programme relativement faible!
Sans equivoque: DDV comme candidat a la presidence et personne d'autre. C'est a DDV et a lui seul, je pense, d'avoir un contact avec Borloo et voir s'il y a matiere a travailler ensemble sans que Borloo puisse faire de l'ombre a DDV ou le trahir, ni nous ramenez les dechets moraux et intellectuels des autres partis. Pourquoi l'ecologie devrait faire partie d'un projet separe alors qu'elle concerne tous partis politiques? C'est une realite du 21eme siecle.
Finallement, c'est malheureux d'avoir a perdre notre temps a reflechir a ces strategies alors que notre but, c'est convaincre les francais a rallier notre cause et de reflechir ensemble au futur de notre pays au lieu de qui va ou ira chez qui. Les extremes ne sont jamais bons et je dois reconnaitre qu'il nous faut passer par la aussi. On est oblige de consacrer du temps a connaitre la concurrence afin que personne ne trahisse DDV pour qui son integrite peut se reveler comme une faiblesse, face a ce que nous connaissons de la moralite d'un grand nombre de politiciens.
D'accord avec Adrien, s'il y a alliance avec le Parti Radical , leurs idées doivent nous suivre et nous correspondre.
Ensuite, il a parlé de DdV en commençant par "Bien sûr, pour la France..." et à ce moment Pierre Moscovici a changé de figure (Y a vu un danger ?) .
Je n'en conclue rien . Il faut se reporter _pour être sérieux,_ aux différents points évoqués par Thibaud, et par exemple sur l'écologie et le nucléaire civil, sur son projet social etc.
Mais, après tout , une rupture, même si elle vient tard ,est tout de même une rupture, et chacun peut évoluer.
En fait, il y a un choix entre deux solutions:
Ou DdV et République Solidaire mènent leur chemin et font évoluer la France dans le long terme, malgré les écueils, les risques de tous ordres_clivages, élection pas encore pour 2012, etc.
Et là, il faudrait continuer malgré tout, garder sa"feuille de route", . Tant pis pour les jeunes ambitieux pressés, continuer de travailler malgré tout.
Ou il y a urgence. Il faut absolument que Dominique de Villepin soit élu en 2012. il faut des alliances, même si tout n'est pas parfait, avec les bonnes volontés que le changement avec DdV entrainera et fera évoluer .En plus RS n'est pas un parti comme les autres. Il peut se montrer ouvert à ce qui est positif plutôt qu' à une critique systématique.
Conclusion , Je n'en ai pas et j'écoute DdV pour l'instant...
Le Point.fr - Publié le 11/04/2011 à 08:13 -
Le président du MoDem a réagi pour la première fois à la décision de Jean-Louis Borloo de quitter l'UMP.
Le président du Mouvement démocrate François Bayrou a estimé dimanche soir que la démarche de Jean-Louis Borloo manquait de "crédibilité" et que cette opération visait à "ramener le centre dans la majorité". "C'est une opération qui vise à ramener le centre dans la majorité, vers Nicolas Sarkozy", a déclaré le président du MoDem sur France 3. François Bayrou réagissait ainsi pour la première fois à l'annonce de l'ancien numéro deux du gouvernement Jean-Louis Borloo qu'il quittait l'UMP et était "prêt" à représenter le centre à l'élection présidentielle.
"C'est une opération qui vise à faire croire que le centre ne peut exister que d'un seul côté de l'échiquier, à droite", a ajouté François Bayrou. "Cela manque de crédibilité, a-t-il insisté. Il suffit de regarder le pedigree de celui qui la propose (l'opération) : Jean-Louis Borloo a été ministre sans interruption de Jacques Chirac pendant cinq ans puis ministre sans interruption, et même numéro deux du gouvernement, tout au long des quatre années qui viennent de s'écouler. Jamais, en neuf ans, il n'a trouvé une réserve à exprimer. Venir dire aujourd'hui qu'il faut battre Nicolas Sarkozy, cela manque de crédibilité et d'indépendance."
"Aucune combinaison"
À propos d'un sondage Ifop qui le donne au coude à coude avec Jean-Louis Borloo parmi les personnalités qui incarnent le mieux les valeurs du centre, François Bayrou a remarqué : "Lorsque la question est posée aux électeurs du centre, il y a deux fois plus d'intentions de vote pour Bayrou que pour Borloo." Alors qu'on lui demandait s'il serait candidat en 2012, François Bayrou a répondu : "Je mènerai ce combat et je défendrai cette proposition d'un centre pas verrouillé, pas pris en otage à l'intérieur d'une alliance quelle qu'elle soit. Je ne participerai à aucune combinaison qui viserait à enlever à cette famille politique son indépendance et sa capacité à proposer une alternance. Nous avons trois guerres sur les bras (...) les chiffres du commerce extérieur sont les plus graves qu'ils n'ont jamais été, nous avons une démoralisation du pays comme jamais. (...) Tout ceci ne se réglera pas par des combinaisons et des manoeuvres."
À propos de Nicolas Hulot, qui devrait annoncer sa candidature en milieu de semaine, François Bayrou a déclaré : "Au fond de moi, je pense que nous pourrions travailler ensemble." Il a reconnu avoir des contacts avec lui "comme avec beaucoup d'autres écologistes", dont Eva Joly. "Il n'y aura pas de reconstruction du pays dirigée par une seule sensibilité", a-t-il dit.
11/04/2011 à 12h01 -
L'ancien ministre, qui vient de quitter l'UMP, veut être le candidat de tous les courants centristes à la présidentielle. Evidemment, cela ne plaît pas trop...
Plusieurs personnalités se disputent le leadership de cet espace politique dans l'optique de 2012 : Jean-Louis Borloo, François Bayou, Dominique de Vilepin, voire Hervé Morin et bientôt Nicolas Hulot.
Le président du Parti radical, qui a annoncé jeudi dernier sa décision de quitter l'UMP et s'est dit "prêt" à représenter le centre à l'élection présidentielle, a le vent en poupe.
L'ancien numéro 2 du gouvernement est perçu comme celui "qui incarne le plus les idées et les valeurs du centre", selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche sur le meilleur candidat du centre pour la présidentielle de 2012.
Selon cette enquête, 37% des sondés partagent cette conviction. Le leader du MoDem se situe juste derrière. Ils sont 36% à penser cela de François Bayrou, qui était arrivé en troisième position en 2007 avec 18,6% des voix. L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin arrive loin derrière, à 19%. Le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, ferme la marche, à 7%.
Borloo veut rassembler les différents courants du centre dans un nouveau mouvement qui pourrait voir le jour avant l'été. Ce mouvement réunirait le Parti radical de Borloo, le Nouveau centre d'Hervé Morin, la gauche Moderne de Jean-Marie Bockel et l'Alliance centriste de Jean Arthuis.
Et Borloo espère rallier Villepin et Bayrou dans cette "confédération des partis centristes" pour réprésenter le centre sous son seul nom en 2012.
Mais Bayrou et Villepin ne voient pas les choses de cette manière... Ils ne veulent pas que Borloo devienne le leader du centre et les récupère... Du coup, ils l'attaquent.
Bayrou : Borloo "manque de crédibilité"
François Bayrou a notamment estimé dimanche soir que la démarche de Jean-Louis Borloo "manquait de crédibilité" et que cette opération visait à "ramener le centre dans la majorité, vers Nicolas Sarkozy", a-t-il déclaré sur France 3. Pour le leader du MoDem, l'annonce de Borloo "est une opération qui vise à faire croire que le centre ne peut exister que d'un seul côté de l'échiquier, à droite".
"Cela manque de crédibilité. Il suffit de regarder le pedigree de celui qui la propose (l'opération): Jean-Louis Borloo a été ministre sans interruption de Jacques Chirac pendant cinq ans et puis ministre sans interruption, et même numéro deux du gouvernement, tout au long des quatre années qui viennent de s'écouler", a-t-il insisté.
"Jamais en neuf ans, il n'a trouvé une réserve à exprimer", a-t-il poursuivi. "Venir dire aujourd'hui qu'il faut battre Nicolas Sarkozy, cela manque de crédibilité et d'indépendance", a-t-il insisté.
Alors qu'on lui demandait s'il serait candidat en 2012, François Bayrou a répondu: "je mènerai ce combat et je défendrai cette proposition d'un centre pas verrouillé, pas pris en otage à l'intérieur d'une alliance quelle qu'elle soit (...) Je ne participerai à aucune combinaison qui viserait à enlever à cette famille politique son indépendance et sa capacité à proposer une alternance", a-t-il ajouté.
Villepin : "Je ne crois pas que Sarkozy et Borloo aient vocation à divorcer"
De son côté, si Dominique de Villepin a fait dimanche un pas supplémentaire vers sa candidature en 2012 en affirmant vouloir "incarner le projet" politique qu'il doit présenter jeudi prochain, il a aussi relativisé l'émancipation de Borloo de l'UMP.
"Seul l'avenir nous dira la portée du geste qu'il souhaite accomplir", a déclaré l'ex-Premier ministre dans l'émission "C-Politique" de France 5.
"Je ne crois pas que Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo aient vocation à divorcer", a-t-il ajouté, rappelant que le second avait été pendant près de quatre ans ministre du premier. "Ces quatre années ont marqué des liens profonds entre les deux hommes, un accord sur une politique qui a été menée".
Pour Villepin, Borloo, en souhaitant une "alliance républicaine" entre les différentes formations du centre, veut "recomposer le jeu des partis politiques". "Ce n'est pas du tout la vision de la politique qui est la mienne (...) je ne me suis jamais laissé guider par des intérêts partisans", a-t-il affirmé.
Néanmoins et après avoir vu Dominique de Villepin éliminer un à un tous les pièges qui lui ont été tendus dans l'interview du 10 avril qu'il a accordé sur France 5 à C Politique, son analyse de la situation permet de prendre de la hauteur par rapport à ces propos encore bien ancrés dans la politique politicienne.
Borloo calme le jeu : il applaudit un appel à "l'unité" de l'UMP de Fillon
12/04/2011 à 13h38 -
Le centriste semble moins déterminé à s'affranchir de l'UMP que la semaine dernière...
Borloo semble calmer le jeu.
Le député et président du Parti radical, qui a annoncé jeudi dernier sa décision de quitter l'UMP et s'est dit "prêt" à représenter le centre à l'élection présidentielle, montre des signes d'apaisement vis à vis de l'UMP.
L'ancien n°2 du gouvernement a applaudi un appel à "l'unité" de la majorité de François Filon, son ex-rival pour Matignon, selon des participants.
Le centriste a assisté mardi à la réunion du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Il était présent à cette réunion hebdomadaire, comme il l'est chaque mardi depuis qu'il est redevenu député, en décembre, et qu'il a décidé de siéger au groupe UMP comme apparenté.
Il a donc applaudi le nouvel appel à l'unité de l'UMP de François Fillon, qui a lancé lors de cette réunion : "Je demande à chacun de bien réfléchir avant de prendre une décision qui pourrait avoir des conséquences graves pour l'avenir de notre pays et de notre majorité."
"J'ai toujours défendu l'unité de notre mouvement en disant de faire attention aux discours qui nous divisent", a lâché le chef du gouvernement. "Nous avons le devoir de nous parler, c'est la condition de la poursuite de l'effort de redressement mené par le président de la République", a-t-il ajouté, selon des participants. Ses propos ont été confirmés par Matignon.
La présence et les applaudissements de Borloo ont étonné ou ravi bon nombre de participants à cette réunion, dont la ministre Nadine Morano et le patron de l'UMP Jean-François Copé. Ils se réjouissent de voir que Borloo n'a pas totalement coupé avec l'UMP et pourrait finalement ne pas présenter une candidature en 2012, qui pourrait coûter pénaliser Nicolas Sarkozy (Lire l'article sur le sujet : 2012 : Borloo peut-il plomber Sarkozy ?)
Le Point.fr
La présence du patron du Parti radical mardi en réunion de groupe UMP à l'Assemblée nationale a suscité l'étonnement.
Le député et président du Parti radical Jean-Louis Borloo a assisté mardi à la réunion du groupe UMP à l'Assemblée nationale, où il a applaudi l'appel à "l'unité" de la majorité lancé par le Premier ministre François Fillon, selon des participants. L'ancien numéro deux du gouvernement, qui a annoncé la semaine dernière son départ de l'UMP, était présent à cette réunion hebdomadaire salle Colbert, comme il l'est chaque mardi depuis qu'il est redevenu député, en décembre, et qu'il a décidé de siéger au groupe UMP comme apparenté.
"Je demande à chacun de bien réfléchir avant de prendre une décision qui pourrait avoir des conséquences graves pour l'avenir de notre pays et de notre majorité", a lancé François Fillon. Un appel à "l'unité" qui a été applaudi par Jean-Louis Borloo. "J'ai toujours défendu l'unité de notre mouvement en disant de faire attention aux discours qui nous divisent", a lâché le chef du gouvernement. "Nous avons le devoir de nous parler, c'est la condition de la poursuite de l'effort de redressement mené par le président de la République", a-t-il dit, selon des participants. Ses propos ont été confirmés par Matignon.
Étonnement
La présence et les applaudissements de Jean-Louis Borloo ont étonné ou ravi bon nombre de participants. "Je me réjouis qu'il ait été parmi nous en réunion de groupe, d'autant plus qu'il a applaudi le Premier ministre appelant à l'union et à exprimer ses idées dans le dialogue. Jean-Louis Borloo n'a pas encore fait ses bagages et fait toujours partie de la famille UMP", s'est félicitée auprès de l'AFP la ministre de l'Apprentissage, Nadine Morano, à l'issue de la réunion. Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'est lui aussi "réjoui" de la présence de Jean-Louis Borloo, en disant "avoir du respect" pour lui tout en réaffirmant "ne pas comprendre sa décision", a rapporté son entourage. "On dirait que son opération de la semaine dernière sur France 2 fait pschitt", ironisait dans les couloirs un député UMP.
Jeudi, Jean-Louis Borloo a annoncé son départ ainsi que celui de son parti de l'UMP. Le Parti radical est un des partis fondateurs du parti présidentiel. Il a également laissé entendre qu'il pourrait être candidat à la présidentielle.
Le Point.fr - Publié le 27/05/2011 à 09:31 - Modifié le 28/05/2011 à 12:18
Le président de La Gauche moderne, Jean-Marie Bockel, a officialisé son adhésion à la confédération des centres. Il s'en explique au Point.fr.
La Gauche moderne vient d'annoncer son adhésion à la confédération des centres, après le Nouveau Centre d'Hervé Morin, le Parti radical et la Convention démocrate d'Hervé de Charette. Jean-Marie Bockel, le président de ce petit parti de centre gauche, ancien ministre de Laurent Fabius, mais aussi de François Fillon, revient sur les raisons de son engagement au côté de Jean-Louis Borloo.
Le Point.fr : L'adhésion du Parti radical le 15 mai à la confédération des centres a été éclipsée par l'affaire DSK. En quoi la disparition du favori socialiste de la liste des candidats à la présidentielle change-t-elle la donne ?
Jean-Marie Bockel : Le retrait de DSK de la compétition crée un espace politique en général. Au Parti socialiste, bien sûr, mais aussi au centre gauche. Cela agrandit également l'espace possible pour Jean-Louis Borloo, de par son style, sa personnalité, son parcours... Un espace que les candidats classiques du PS, Hollande ou Aubry, n'occuperont jamais. DSK incarnait une ligne politique moderne de centre gauche, même s'il ne l'a pas totalement assumée, ce qui, selon moi, lui a valu d'être battu en 2007 par Ségolène Royal.
Certains observateurs estiment que le retrait de DSK pourrait surtout favoriser des candidats qui incarnent l'anti-bling-bling, tels que François Hollande, mais aussi François Bayrou...
Mais Bayrou n'est pas un berger basque non plus ! Je ne nie pas qu'il y ait un espace politique pour François Bayrou, bien qu'il n'ait pas su exploiter sa percée de 2007. En effet, il y a sans doute des électeurs qui étaient prêts à voter pour DSK, et qui, aujourd'hui, ne se voient voter ni pour des candidats "classiques" du PS ni pour un candidat de la majorité. L'espace que DSK a libéré va se partager entre plusieurs candidats.
Pourquoi, en tant qu'ancien socialiste et alors que vous gardez toujours "une sensibilité de gauche", tenez-vous à rester dans une alliance avec la majorité, contrairement à Jean Arthuis?
Je respecte Jean Arthuis et j'approuve son idée de dire qu'il serait bon de faire une alliance avec Bayrou, et je dis pourquoi pas avec Villepin, d'ailleurs. Mais il faut être clair et dire où on se situe. Samedi, c'est le dernier acte de la création de la confédération des centres, qui, contrairement à ce qui a été dit, n'est pas simplement une réédition de l'UDF. Elle va fédérer différentes sensibilités, comme celle d'Hervé de Charrette par exemple, qui incarne le centre droit, et la mienne, qui est de centre gauche. Nous nous retrouvons autour de valeurs communes, comme celle du refus d'un parti unique. Bayrou, par opposition, c'est le "splendide isolement". Pour moi, la seule alternative qu'il a, c'est de rejoindre soit la majorité soit le Parti socialiste, que je connais très bien, et qui n'a pas changé. On ne peut pas prendre notre indépendance et se bercer de l'illusion qu'on va gouverner seul... À partir de là, ça sera à Jean Arthuis de se positionner par rapport à nous.
Mais François Bayrou n'était pas si loin d'accéder au second tour en 2007...
Oui, mais il y a un monde entre être "pas loin" et être réellement au pouvoir. À La Gauche moderne, ce dont nous rêvons, c'est d'une grande coalition, avec des personnalités de droite, de gauche, du centre... Si nous l'avions faite en 2007, nous aurions pu peser davantage sur un certain nombre de réformes. Mais pour ma part, j'assume le bilan de la majorité à laquelle j'appartiens. Je considère qu'en 2007 le pays s'enfonçait dans le déclin. Depuis, de bonnes décisions ont été prises. Il y a eu une dynamique. Certes, il y a eu la "droitisation" du gouvernement et la fin de l'ouverture. Mais la France s'est illustrée par sa gestion de la crise. Ce que nous voulons, c'est retrouver cet esprit de 2007. On ne veut pas perdre ce souffle de modernisation. Voilà le sens de notre engagement.
Pensez-vous que Borloo doit accélérer son processus de candidature, comme Hervé de Charette?
Non, je fais partie de ceux qui pensent que Jean-Louis Borloo doit s'engager, plus précisément, dans son processus de détermination. L'annonce en elle-même est une question secondaire. Chaque jour, il semble plus déterminé. Mais ce n'est pas simple, il n'est pas tout seul. Ce n'est pas anodin comme engagement. À partir du moment où lui-même sera complètement convaincu que cette perspective est possible, ça va se voir. Quand on fait partie des "poids lourds" comme lui, il faut se rendre compte que s'ils y vont, ça change leur vie ! Et puis, comme dit le président de la République, "un an, c'est long".
Jean-Louis Borloo devra-t-il, selon vous, renoncer à une candidature si Marine Le Pen continue sa poussée dans les sondages ?
À chaque jour suffit sa peine. Tout le monde a à l'esprit le risque d'un 21 avril, c'est sûr, mais on ne va pas se paralyser à cause de ça. La majorité a d'autres raisons de perdre. D'autre part, les sondages montrent que beaucoup d'électeurs ne sont pas encore déterminés. Alors, ne nous rendons pas prisonniers du raisonnement C'est ça ou le chaos.
Borloo recrute avant de se déclarer
La Gauche moderne de Jean-Marie Bockel va rejoindre le Nouveau Centre, le Parti radical et la Convention démocrate au sein de la « confédération des centres ». Une nouvelle étape dans la construction de l'Alliance républicaine, alors que Jean-Louis Borloo devrait faire acte de candidature d'ici l'été.
Jean-Louis Borloo "avance" et "accélère" MaxPPP
Plus que jamais lancé vers une campagne présidentielle, Jean-Louis Borloo se voit en « parachutiste, dans l'avion, sanglé, prêt à sauter, mais en une seconde la décision peut changer ». Si Jean-Louis Borloo n'exclut pas encore un éventuel coup d'arrêt dans l'entreprise qu'il bâtit depuis plusieurs semaines, le leader du Parti radical a confié au Point.fr, en marge d'un déplacement dans le Val-de-Marne, qu'il « prévoi(t) » d'annoncer officiellement sa candidature à la présidence de la République « dans quelques semaines ».
« J'avance, j'accélère », aurait précisé l'ancien ministre d'Etat selon les propos relayés par les médias du groupe Lagardère. Jean-Louis Borloo, qui avait annoncé vouloir prendre le temps de la réflexion jusqu'à l'automne, souhaiterait désormais se déclarer « avant que les Français ne partent en vacances ». Histoire, notamment, de répondre à la « vraie attente » que le centriste pense percevoir chez les Français. Cette déclaration devrait se faire depuis son fief de Valenciennes.
« L'alliance s'est installée. Je m'occupe de la campagne », avance Jean-Louis Borloo. Après avoir annoncé la création de sa « confédération des centres » en avril, le leader du Parti radical y a agrégé le Nouveau Centre, d'Hervé Morin, et la Convention démocrate d'Hervé de charrette, qui a voté son rattachement mercredi. Samedi, ce sera au tour de la Gauche moderne. Jean-Marie Bockel réunit ses troupes pour une convention nationale dont l'issue ne fait aucun doute, avec l'arrivée d'une nouvelle formation dans « l'Alliance ».
Par B. V
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