Villepin, l'homme qui dit "non" (LeJDD.fr, le 21/12/2011)
Pour son premier déplacement de campagne, mercredi, Dominique de Villepin a choisi d'évoquer l'emploi dans les quartiers, rappelant son expérience de Premier ministre en pleine crise des banlieues, en 2005. LeJDD.fr l'accompagnait.
Sous une pluie fine et glaciale, Dominique de Villepin remonte à grands pas la rue de Paris, principale artère de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne). Les caméras et leurs perches de son peinent à suivre la cadence. "Vous avez mal choisi votre jour", glisse une veille dame à la sortie du marché couvert de la ville. Le candidat à la présidentielle,"monsieur le Premier ministre" pour de nombreux passants, ne craint pas la pluie : il s'arrête à chaque boutique, serre les mains de toute personne qu'il croise, demande presque à être pris en photo. La méthode Chirac.
Dominique de Villepin a programmé mercredi son premier déplacement de campagne en banlieue parisienne, à Charenton-le-Pont donc, pas forcément connue pour ses quartiers difficiles. Le message : "les luttes pour l'emploi et la diversité", liées selon l'ancien Premier ministre, "doivent faire sortir les banlieues de leur cloisonnement". Pour en parler, il a convié, dans la salle au sous-sol d'un restaurant marocain, plusieurs membres d'associations de quartiers. "Nicolas Sarkozy avait vendu un grand plan Marshall pour les banlieues (…) Une logique politique d'annonce, d'affichage mais aussi aveugle", lance-t-il devant deux tablées acquises à sa cause.
Le rappel du CPE
La problématique des quartiers difficiles, Dominique de Villepin connaît bien. "Je suis le Premier ministre qui a dû gérer la crise des banlieues en 2005", rappelle-t-il. "Tout commence par un 'non'. C'est un refus de la fatalité, un refus de la souffrance des Français, un refus de la puissance politique", assène le candidat qui canonne Nicolas Sarkozy, qui "brouille tous les repères", mais aussi le PS qui "veut toujours revenir dans le passé".
Dominique de Villepin avait dit "non" à la guerre en Irak. Un an plus tard, il avait dit "non" à la crise des banlieues en déclenchant l'état d'urgence. "Une mesure de dernier recours qui devrait être aujourd'hui déclenchée face à la [crise de la dette]", propose-t-il. Au passage, le candidat défend son bilan quand il était à Matignon : "Le Contrat première embauche (CPE) était une réponse à la crise des banlieues, même si cette solution n'était pas adaptée aux besoins et aux circonstances."
L'ancien Premier ministre ne conçoit pas le CPE comme un "boulet", mais bien comme une mesure avant-gardiste mal comprise. Pour relancer l'emploi, il a donc optimisé ses propositions. La bataille de l'emploi sera remportée par le soutien des PME, la refondation de l'impôt sur les sociétés – concentrant l'effort d'exonération de charges sur les entreprises créant des CDI – et une fiscalité innovante avec une "TVA 3E" (lire ci-contre). Le tout accompagné de mesures concernant l'Éducation, et plus particulièrement le passage entre l'école et le marché du travail. "En France, le jeune de 15-16 ans a peur de s'engager dans le monde professionnel car notre système n'est pas progressif, il est brutal", analyse-t-il.
Homme libre
Celui qui a fondé République solidaire avant d'en quitter la présidence à l'automne dernier se veut a-partisan. "Ni de droite ni de gauche", résument ses militants qui tractent des prospectus où seul le nom de "Dominique de Villepin" est affiché. "Le combat contre les discriminations n'est pas un combat de partis. Et plus généralement, l'élection présidentielle, c'est bien la rencontre entre un homme et son peuple", lance-t-il sur un ton gaulliste voire gaullien.
Dominique de Villepin veut incarner une "liberté" nouvelle, "une voix indépendante". Lui, n'a rien à perdre contrairement aux membres de formations "qui pensent d'abord aux législatives reléguant la présidentielle au second plan". "Il faut avoir du courage pour bousculer le système", déclame-t-il encore. Et notamment, le courage de dire "non".
LeJDD.fr, Gaël VAILLANT, 21/12/2011


9 Commentaires
Il n'est jamais trop tard pour bien faire et les circonstances seront différentes en 2012, les mesures proposées s'imposeront car il ne sera plus temps de tergiverser.
Mais il a dit aussi : "Je ne mène pas un combat contre NS, j'ai décidé de tourner la page." Ce n'est pas un combat contre quelqu'un, mais un combat pour les Français ! C'est clair.
@Michel/Vcom(01)
Si le CPE était passé, beaucoup de jeunes sans travail ne le seraient peut-être pas aujourd'hui.
DDV a vraiment un moral d'acier , c'est réjouissant de lui voir cette belle motivation , d'autant qu'il n'est pas novice en la matière puisqu'il a déjà mené ce genre de combat pour les Français et même plusieurs auprés de Jacques Chirac qu'il a grandement contribué à faire élire Président .
Je me souviens encore du CPE !!! entre Evreux / Paris et Paris /Evreux le bordel de l'époque en voiture !
Je me suis intéressé à ce projet CPE que j'ai trouvé globalement génial et dont je ne comprenais pas
pourquoi il était refusé en masse. J'ai interpellé 5 jeunes anti CPE avec qui j'ai longuement discuté et au
final donnaient raison au CPE Certes il y avait quelques corrections à y faire mais c t l'occasion d'une
1ère expérience. La peur peut être d'être remercié au bout de 2 ans ? moi je connais pas de patron qui
forme (et ça coute cher) qui licencie après !
Ce qui est très bizarre c que ça ne choque personne un CDI ou encore l'Intérim !!
Avec du recul,je me rends compte qu'il y a eu manifestement manipulation pour faire capoter la mise en oeuvre.
Oui, il y a eu une manipulation, les anti-CPE ne présentaient que les éventuels inconvénients de ce projet aux étudiants, se gardant bien d'en dire les avantages...
Il va de soi que si le CPE avait été adopté, le nombre de chômeurs aurait sensiblement diminué.
Joyeux Noël à tous et Bonne Année.
Pour moi aussi c'est un souvenir impérissable que celui de ce jeune Premier Ministre se battant pied à pied bravement devant les membres de l'Assemblée Nationale et qui ne voulait pas en démordre , ne pouvait se résoudre à abandonner son projet de CPE .
Ce n'est que le dos au mur que DDV , la mort dans l'âme a enterré son projet de CPE , contraint de renoncer car lâché par ses " amis " de l'UMP , entraînés par N. Sarkozy , avec toute l'opposition de gauche aussi contre lui , tous là unanimes ( comme aujourd'hui encore quand il s'agit de ne pas accepter que leurs émoluements soient baissés de 10% à part des valeureux comme JPG quand dans le même temps ils réclament tant d'efforts aux Français ) .
D'autant qu'il ne faut pas oublier que DDV a jeté l'éponge à la demande consensuelle du Président J. Chirac lui aussi soumis à la fronde de ses amis députés , exit donc le CPE avant même d'exister et que nous Français puissions en évaluer les résultats et les bienfaits ... envers ces jeunes sans formation ni diplome auxquels il apportait une solution , tout valant mieux que le chômage qu'ils vivent aujourd'hui .
C'est à partir de ce jour là que la rage au coeur je me suis jurée de toujours soutenir l'action du vaillant DDV sans jamais renoncer ... et beaucoup de compatriotes figés devant leur écran de télé qui impuissants assistaient à la retransmission des débats , à toutes ces joutes contre lui , devaient penser comme moi : Vive Dominique de Villepin ,.
Aussi en 2012 , ce sera LUI pour redresser le Pays ...ou rien !
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