Feb 22nd

CAFOUILLAGE ET RADOTAGE ..

By JARDRY JEAN-MICHEL

Respectueux de leurs carcans idéologiques et de leurs postures figées, les deux grandes coalitions d'intérêts de la vie politique française pataugent
dans une glue qui mélange avec une hardiesse décourageante cafouillage et radotage. Les uns vénèrent l'infini progrés socialiste et le clientèlisme partisan, les autres le culte du chef ou de "l'employeur seul juge" qui faisait fureur au 19 eme , tout en vitrifiant des attitudes d'opposition crispées et juvéniles. Ensemble ils étalent sans pudeur, dans un concert de fausses notes, leurs folles ambitions, leurs frénésies du pouvoir et du paraitre clinquant . Dans un camp comme dans l'autre l'individualisme égoiste écrase la solidarité et l'humilité qui devraient cimenter les équipes qui veillent et agissent dans le seul intérêt du pays.
Le Président demeure le "roi" de la synthèse affolée, l'ancien Président incarne une nouvelle pithie qui rend des oracles contrôlées avec une amnésie effrontée de ses erreurs et défaites passées, et la sarabande de leurs cours respectives caquettent dans les médias de fausses confidences et d'imprudents rêves de maintien ou de conquêtes.
Doucement, la France anesthésiée s'enfonce dans l'inquiétude et le marasme son peuple angoissé, trop silencieux, devient fataliste.
La gauche étanche les voies d'eau d'un navire à la dérive, la droite sèche d'imagination rabâche ses vieilles incantations  pour un monde fini qu'elle
n'a pas vu disparaitre.
Reste, les conquérants, les optimistes, les courageux, les désintéressés, les chevaliers de l'espérance, notre pays en regorge mais le peuple les boude parce que les médias et leurs complices étouffent "leurs lumières", ils dérangent la torpeur, bousculent les habitudes et les privilèges moisis
et surtout les petites lâcheté et connivence d'une "élite sans conscience" à la morale permissive et à l'éthique fluctuante.
DDV en fait partie, ces femmes et ces hommes sortiront d'une ombre forçée nous ne connaissons ni le jour ni l'heure,  mais ce rendez-vous est écrit sur le parchemin de nos destinées. Il faut y croire !
Comme le disait Pierre Dac : "Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires" !!...

Feb 1st

DIFFICILE DE RALLUMER LES ETOILES...

By JARDRY JEAN-MICHEL

"Agiter le peuple avant de s'en servir" disait Talleyrand,  cette citation trouve avec le débat sur le "mariage pour tous" sa parfaite illustration.Le  voile parfait pour masquer des manoeuvres d'une autre envergure.
En consultant des archives de 1995, je note dans le Figaro-Economie : Vers une zone de libre-échange transatlantique. A la même date, au cours d'un colloque , un journaliste Joseph Fitchett (H.T du 7/2/95) attribue à Monsieur Alain Juppé l'idée  "d'une nouvelle charte transatlantique"
qui, face aux nouveaux dangers du monde actuel..., aboutirait à ce que Foreign Affairs ( revue quadriennale du CFR, numéro de l'hiver 93/94) appelle une "nouvelle Communauté euro-atlantique", refrain repris en éditorial commun, dans le Washington Post et le N. Y. Times du 14 Février).
Dans le Figaro-Economie du 28 janvier 2013, un titre présentait comme une nouveauté : l'UE et les Etats-Unis discutent d'un accord de libre-échange,énorme supercherie, les échanges sur ce sujet durent depuis 18 ans ! Les vingt pays de l'UE s'y sont engagés pour 2013.
Sur l'autre rive de l'atlantique, le francophone et francophile  John Kerry se présente en allié objectif ,un fervant défenseur...de la relation entre...les deux rives  ( le hasard fait bien les choses).
Encore plus préoccupant, la chancelière Angela Merkel au forum de Davos a ainsi répondu favorablement aux PROPOSITIONS faites par David Cameron. Son homologue britannique veut jouer la carte du libre-échange pour redynamiser la croissance, tant à l'intérieur de l'Europe qu'à l'extérieur
dans les relations avec ...les Etats-Unis (le hasard fait si bien les choses) notamment, car elles durent depuis des années, des négociations visant à libérer les échanges transatlantiques. cette prise de position aurait ravi une assistante acquise aux recettes libérales.
Nous aurons du mal à rallumer les étoiles, l'espoir d'une Europe puissante et indépendante s'efface de plus en plus vite vers une zone de libre échange euro -atlantique , notre continent sera dilué, fondu dans cet ensemble qui va
faire de nos peuples des colonnes de" citoyens fantômes" égarés dans un cauchemar qui n'en finira plus. Plus tard, nous aurons une monnaie commune, une assemblée politique commune, une législation, un mode de vie insignifiant et triste , des loisirs programmés , des contrôles généralisés,
une liberté tolérée mais limitée. Nous sommes entrés collectivement dans une "grande seringue", il sera bien difficile d'en arrêter la pression.
Je rejoins l'anarchiste conservateur, Jean-Claude Michéa : à la sottise de la gauche qui croit possible de combattre le capitalisme au nom du progrés répond l'imbécibilité de la droite qui veut défendre à la fois les "valeurs traditionnelles" et une économie de marché qui ne cesse de les détruire...
Bernanos disait il y a les optimistes qui sont des imbéciles heureux et des pessimistes qui sont des imbéciles malheureux, je dois faire partie de ces derniers. Le silence de DDV face à ces menaces m'inquiète plus qu'il ne me rassure...

Jan 18th

Villepin appelle à limiter l'intervention française au Mali à du "soutien" (AFP, 18 janvier 2013)

By manu

 

L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a appelé vendredi à limiter l'intervention française au Mali à "une opération de soutien", même s'il approuve l'offensive de Paris lancée le 11 janvier face à l'urgence.

   "Restons-en au mandat des Nations Unies", a demandé le président de République Solidaire sur France Inter. "La résolution 2085 est précise : elle donne un mandat au soutien d'une force africaine".

   "La France, pour des raisons d'urgence, a dû prendre l'initiative et elle a eu raison de le faire - de bloquer l'avancée" des combattants islamistes vers Bamako, a-t-il observé.

   Mais "à partir de là, maîtrisons notre dispositif", pour "passer d'une opération d'initiative à une opération de soutien à ceux qui ont la seule légitimité d'agir dans cette région", les forces africaines, a recommandé l'ancien ministre des Affaires étrangères.

   "Il est important de limiter nos objectifs : bloquer l'avancée des forces vers Bamako et protéger nos ressortissants, c'est déjà beaucoup", selon lui.

   Il avait auparavant constaté un "échec depuis 2001, des forces occidentales coalisées face à des petits groupes", comparant, en expert de Napoléon 1er, leur "impuissance" à celle de la Grande armée pendant la guerre d'Espagne ou la campagne de Russie.

Jan 13th

Dominique de Villepin:"Non, la guerre ce n'est pas la France" (le JDD, le 13 janvier 2013)

By manu

 

Le Mali, pays ami, s’effondre. Les djihadistes avancent vers le sud, l’urgence est là.

Mais ne cédons pas au réflexe de la guerre pour la guerre. L’unanimisme des va-t-en-guerre, la précipitation apparente, le déjà-vu des arguments de la "guerre contre le terrorisme"  m’inquiètent. Ce n’est pas la France. Tirons les leçons de la décennie des guerres perdues, en Afghanistan, en Irak, en Libye.

Jamais ces guerres n’ont bâti un Etat solide et démocratique. Au contraire, elles favorisent les séparatismes, les Etats faillis, la loi d’airain des milices armées.

Jamais ces guerres n’ont permis de venir à bout de terroristes essaimant dans la région. Au contraire, elles légitiment les plus radicaux.

Jamais ces guerres n’ont permis la paix régionale. Au contraire, l’intervention occidentale permet à chacun de se défausser de ses responsabilités.

Pire encore, ces guerres sont un engrenage. Chacune crée les conditions de la suivante. Elles sont les batailles d’une seule et même guerre qui fait tache d’huile, de l’Irak vers la Libye et la Syrie, de la Libye vers le Mali en inondant le Sahara d’armes de contrebande. Il faut en finir.

Au Mali, aucune des conditions de la réussite n’est réunie.

Nous nous battrons à l’aveuglette, faute de but de guerre. Arrêter la progression des djihadistes vers le sud, reconquérir le nord du pays, éradiquer les bases d’AQMI sont autant de guerres différentes.

Nous nous battrons seuls, faute de partenaire malien solide. Eviction du président en mars et du premier ministre en décembre, effondrement d’une armée malienne divisée, défaillance générale de l’Etat, sur qui nous appuierons-nous?

Nous nous battrons dans le vide, faute  d’appui régional solide. La Communauté des Etats de l’Afrique Occidentale reste en arrière de la main et l’Algérie a marqué ses réticences.

Un processus politique est seul capable d’amener la paix au Mali.

Il faut une dynamique nationale pour reconstruire l’Etat malien. Misons sur l’union nationale, les pressions sur la junte militaire et un processus de garanties démocratiques et de l’Etat de droit à travers des politiques de coopération fortes.

Il faut aussi une dynamique régionale, en  mobilisant l’acteur central qu’est l’Algérie et la CEDEAO en faveur d’un plan de stabilisation du Sahel.

Il faut enfin une dynamique politique pour négocier en isolant les islamistes en ralliant les touaregs à une solution raisonnable.

Comment le virus néoconservateur a-t-il pu gagner ainsi tous les esprits? Non, la guerre ce n’est pas la France. Il est temps d’en finir avec une décennie de guerres perdues. Il y a dix ans, presque jour pour jour, nous étions réunis à l’ONU pour intensifier la lutte contre le terrorisme. Deux mois plus tard commençait l’intervention en Irak. Je n’ai depuis jamais cessé de m’engager pour la résolution politique des crises et contre le cercle vicieux de la force. Aujourd’hui notre pays peut ouvrir la voie pour sortir de l’impasse guerrière, si elle invente un nouveau modèle d’engagement, fondé sur les réalités de l’histoire, sur les aspirations des peuples et le respect des identités.  Telle est la responsabilité de la France devant l’histoire.

Jan 11th

Dominique de Villepin, De l’importance de s’unir face à la Chine

By manu

Dominique de Villepin partage ses conseils pour l’Europe.

«La réussite est aujourd’hui collective. L’Europe ne se fera pas en un jour. Face aux défis des pays émergents, il va falloir se mettre autour de la table et inventer des solutions communes. Il faut s’unir ou périr, mais c’est la première fois dans l’Histoire que plusieurs pays s’assemblent à ce point-là. L’Europe a intérêt à réussir face à la Chine, sinon c’est nous qui devrons regarder le monde d’en-bas…» Grand invité du premier Rendez-vous du commerce international, tenu hier soir à l’IMD à l’initiative de l’Osec, de la Serv (Assurance suisse contre les risques à l’exportation) et du Credit Suisse, Dominique de Villepin a effectué, en un peu plus d’une heure, un tour du monde géopolitique, en se gardant bien de tomber dans le piège de la politique française. Il a fallu attendre l’heure des questions pour qu’il aborde l’affaire Depardieu «qui inonde les médias de l’Hexagone alors qu’il y a d’autres problèmes plus importants à débattre» ou esquive les échecs d’un Arnaud Montebourg face à la crise de l’industrie automobile et sidérurgique française.    

Pour l’ex-Premier ministre de Jacques Chirac, les défis sont multiples: il y a la réussite éclatantes des Cités-Etats comme Singapour et le Qatar, il y a l’exploitation du gaz de schiste par les Américains qui renverse la donne face au Proche-Orient, il y a la Chine qui est forcée de résoudre un casse-tête: comment se métamorphoser sans se briser?

Il y a l’Afrique qui constitue un formidable réservoir de main d’œuvre avec plus d’un milliard d’habitants dans 20 ans, il y a l’Amérique latine qui fait l’apprentissage de la démocratie avec le Brésil comme formidable locomotive. On surprend l’homme de droite qui a vécu au Venezuela à dire du bien du régime Chavez: «Il a au moins tenté quelque chose pour combattre la pauvreté, même si ce n’est pas bien de confisquer des usines désaffectées pour abriter des sans-abris.» L’année 2013 sera décisive pour l’Europe et encore plus 2014 avec les élections européennes, avance l’ancien secrétaire général de l’Elysée: «Je suis favorable à l’élection au suffrage universel du président du Conseil européen. Les pays de l’UE vont devoir s’intéresser à d’autres dirigeants que les leurs; ils se verront confrontés à la nullité de leurs forces politiques, provoque l’ex-premier ministre. La mondialisation est une machine à transformer les choses et l’éducation doit évoluer avec les forces vives de demain qui effectueront 5 ou 6 métiers dans leur vie et dans 3 ou 4 pays différents. La France a peur de la mondialisation. Quand on veut investir dans un pays étranger, il faut essayer de parler sa langue et s’intéresser à sa culture. Sinon on en revient à Tintin au Congo», plaisante un Dominique de Villepin plus volubile que surprenant son auditoire par une démonstration totalement originale.

Dec 30th

Voeux de Jean-Pierre Grand aux militants et sympathisants de République Solidaire

By manu
Mes chers amis,

Vous avez été très nombreux à réagir au message de fin d'année, fort et lucide, que nous a adressé Dominique de Villepin.

Sa voix d' homme d'Etat, expression d'une vision, d'une expérience, d'une volonté pour la France et pour l'Europe, manque cruellement dans le débat national.

Son message nous a fait chaud au coeur.

Dans les circonstances actuelles, chacun comprendra que nous ne souhaitions pas pour 2013 collecter des adhésions que nous ne pouvons gérer administrativement faute de moyens matériels suffisants.

République Solidaire demeure bien vivante grâce à votre fidélité et votre amitié pour Dominique de Villepin.

A chacune et chacun d'entre vous, j'adresse mes meilleurs voeux pour que cette nouvelle année soit la plus douce possible pour vous même et ceux que vous aimez.

N'oublions pas la France, formons des voeux pour son redressement, son unité et son rayonnement.

Amicalement,

Jean-Pierre GRAND,
Président de République Solidaire
Dec 24th

Message de Dominique de Villepin aux adhérents et sympathisants de République Solidaire

By manu

Chers amis,

En cette fin d’année, je veux transmettre à chacune et à chacun d’entre vous mes vœux de bonheur et de santé pour vous et pour vos proches. Ce sont des temps difficiles pour beaucoup d’entre vous et pour notre pays tout entier.

La France sort épuisée d’une année de divisions, de querelles, d’esprit de parti et de promesses intenables. Elle va connaître en 2013 une année plus difficile encore. Le nombre des personnes privées de travail ne cesse d’augmenter et les fins de mois sont de plus en plus difficiles. Après plus d’un an d’une économie à l’arrêt, nous risquons de reculer dans la récession.

Cela exige la participation de tous à l’immense effort nécessaire pour redonner du souffle à la France et à l’Europe. Cela exige de nous que nous nous affranchissions de l’esprit partisan, du cynisme, de l’indifférence, de l’obsession du présent dans laquelle nous vivons.

Ce que nous montrent les évènements et les élections de cette année, c’est bien que le temps des machines politiciennes est derrière nous. L’exigence est aujourd’hui celle de la réflexion collective, du sens  du rassemblement et de la force de l’esprit. C’est ce que vous continuez à rechercher chaque jour, je le sais,  dans le cadre de ce mouvement de réflexion et d’intérêt général. Je vous suis reconnaissant de votre fidélité et de votre engagement. Dans les conditions actuelles, j’ai souhaité qu’aucune cotisation ne vous soit demandée pour l’année à venir. 

Je vous transmets encore une fois mes meilleurs vœux pour les fêtes et la nouvelle année.

Dominique de Villepin

Dec 5th

Brûlante actualité du Gaullisme

By né-gaulliste

Affligeante image que nous donne l’UMP aujourd’hui !

Qu’un parti qui a perdu successivement les élections présidentielle et législatives soit en désarroi, certes, rien que de normal.

Mais les querelles de chefs à l’ambition démesurée, qui ne pensent qu’à ce qui se passera dans cinq ans, les luttes de factions, incapables de donner un sens à leurs positions (droite modérée, extrême-droite ?), les petits jeux de pouvoir concernant les postes à attribuer aux uns ou aux autres ou la constitution de groupes parlementaires, la démagogie qui s’infiltre même dans les élections internes (on parle de pains au chocolat parce qu’on estime que les militants sont très à droite), la prééminence de la communication sur le débat de fond, rien de ceci ne peut caractériser un parti de gouvernement sous la cinquième République.

Il est possible que le parti se scinde en deux. Mais qu’est-ce que cela changera ? Nous aurons deux écuries présidentielles au lieu d’une. Les slogans électoralistes seront multipliés par deux. La « une » de Paris-Match et des autres magazines sera consacrée alternativement à l’un ou l’autre des prétendants à la magistrature suprême. Mais pour le militant sincère, qui croit en les vertus de la République gaullienne, et non à celles du fascisme, et encore moins à celles de la politique-spectacle, le déni de la réalité sera tellement patent qu’il risque fort de se détourner définitivement de la politique.

Existe-t-il des solutions alternatives ? Nombreux sont ceux qui chantent les louanges du « Centre », incarné d’après eux par l’UDI.

Mais le « Centre » n’a jamais connu d’existence politique durable, à commencer par une incarnation partisane, depuis des siècles. La seule et éphémère manifestation d’un centre a été illustrée à l’Assemblée législative de 1791, où, entre les monarchistes constitutionnels défenseurs de la royauté (les Feuillants) et les Jacobins partisans de la révolution, existait un groupe modéré, plutôt à gauche. On ne les appelait pas « le Centre », mais « le Marais ». C’est tout dire.

Tout au long des XIX° et XX° siècles, face aux forces autoproclamées progressistes (socialisme, marxisme), il y avait trois droites : légitimiste (monarchiste), bonapartiste et orléaniste.

Dans l’histoire récente, le gaullisme a récupéré l’héritage bonapartiste, l’orléanisme a été représenté par la droite libérale et pro-européenne (la démocratie-chrétienne, qui a aussi gouverné l’Italie pendant des décennies et qui reste un parti dominant en Allemagne, et à qui, en France, a succédé l’UDF giscardienne), tandis que les légitimistes se réfugiaient dans l’extrême-droite.

Après les querelles, souvent exacerbées, qui ont opposé gaullistes et giscardistes-UDF, l’immense mérite de la création de l’UMP, voulue par Jacques Chirac et Dominique de Villepin,  était de réconcilier les différents blocs de la droite de gouvernement.

Las ! Après de beaux succès initiaux, avec le ralliement d’une majorité d’élus et de cadres de l’UDF à l’UMP, qui donnaient raison à cette ambition de rassemblement, ce parti a irrémédiablement évolué vers une mécanique partisane uniquement vouée au succès électoral. Le phénomène a pris d’inquiétantes proportions avec la mainmise de Nicolas Sarkozy sur l’appareil, ce que les élections de 2012 ont parfaitement confirmé (à part le parti communiste de l’URSS ou celui de Corée du Nord, il n’y a pas d’exemple d’élus exclus du parti parce qu’ils n’adhérent pas à 100% aux géniales idées du leader et de son entourage).

Il faut donc tout reprendre à zéro.

L’UDI a des qualités. Mais, de grâce, qu’on ne nous parle pas de « Centre », alors qu’il s’agit des fils spirituels de Robert Schuman, de Jean Lecanuet et de Valéry Giscard d’Estaing, auxquels il convient d’ajouter l’héritage des radicaux dits valoisiens !

Il s’agit d’une droite modérée et libérale, qui a une vocation légitime à s’opposer à la politique socialiste, mais qui ne peut en rien s’identifier dans un rejet simultané de la droite et de la gauche. La preuve en est que François Bayrou, qui en avait fait son slogan de campagne, a échoué par trois fois à en convaincre l’électorat.

L’UDI étant ainsi catégorisé, qu’en est-il du gaullisme ?

L’urgence d’un retour aux sources d’inspiration de la cinquième République est manifeste. De Gaulle a profondément réformé et modernisé notre vie politique en mettant fin au régime des partis et à ses combinaisons. Seul l’intérêt général doit motiver la conduite des dirigeants et, partant, celle des organisations politiques qui les soutiennent. L’ambition personnelle, le sectarisme, le clanisme, l’idéologie et la démagogie électorale n’ont pas leur place dans cet ordonnancement.

Chacun comprendra que ces lignes directrices sont celles que Dominique de Villepin a brillamment tracées dans son projet politique en vue de l’élection de 2012.

Il est, de fait, le seul aujourd’hui à pouvoir reprendre cet héritage et le faire fructifier. Tout, dans ses idées, dans son action politique et au gouvernement, concourt à démontrer qu’il est irréductiblement fidèle à cet idéal

Son projet, de plus, est un écho à l’action du général : Rassembler, certes, même très à gauche, avec des idées généreuses, mais avec un socle mêlant la droite moderne sur les questions économiques ou européennes et l’héritage républicain plongeant ses racines dans l’histoire. Et une conception du rôle de l’État, qui doit être le garant de l’ordre, de la justice, de la liberté individuelle et, à l’extérieur, qui doit assurer l’indépendance et le respect de la France par les peuples du monde, tout en œuvrant pour la paix internationale et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

C’est pourquoi, si l’UMP venait à disparaître, et même sans attendre son acte de décès, il semble indispensable que Dominique de Villepin fasse appel à tous ceux qui, dans l’ancienne majorité et au-delà aussi, se reconnaissent dans ces valeurs et ces principes et souhaitent le retour à la dignité, à la grandeur, au respect et au fonctionnement équilibré des institutions dans notre vie politique.

Certains objecteront que ceci reviendrait à recréer l’ancien RPR. Et alors ? Quel mal y a-t-il à vouloir pérenniser un mouvement politique qui a trouvé ses sources dans le XIX° siècle et que le général de Gaulle avait puissamment magnifié ? D’autant que, dans la conception gaulliste, l’activité d’un parti politique, surtout s’il se concentre sur le débat d’idées, s’insère parfaitement dans le jeu démocratique, dès lors que ni l’intolérance, ni l’obstruction systématique, ne sont pratiquées.

Un puissant parti gaulliste rénové (« République solidaire », bien sûr), pourra tendre la main aux autres partis de droite modérée (l’UDI, par exemple), pour construire, si nécessaire, et dans le respect mutuel, des programmes solides de gouvernement.

Seulement, il ne faut pas attendre. L’Histoire s’écoule rapidement et les occasions ne se représentent généralement pas. C’est aujourd’hui qu’il faut agir.

À la lecture des interventions sur ce site, il n’y a aucun doute qu’un grand nombre de participants pensent, quand ils ne l’écrivent pas explicitement, qu’il serait souhaitable que Dominique de Villepin prenne une telle initiative. Les jours et semaines à venir nous éclaireront sur la lucidité de cette opinion.

Nov 7th

Dominique de Villepin: "Barack Obama, le magicien qu'on pensait qu'il était" (AFP, le 7 novembre 2012)

By manu
L'ancien Premier ministre a souligné "la maturité de l'électorat américain et la capacité d'équilibre de la société américaine".

 

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a souhaité mercredi que Barack Obama, après sa "brillante victoire", "se révèle le magicien qu'on pensait qu'il était", mais il a aussi relativisé l'importance de l'élection à la Maison-Blanche. Sur Canal Plus, le fondateur de République solidaire a vu dans cette réélection un signe de "la maturité de l'électorat américain, de la capacité d'équilibre de la société américaine", mais "tous les problèmes restent là", et ce "mandat s'ouvre dans la difficulté".

"C'est une deuxième chance qui est donnée à Barack Obama", a observé Dominique de Villepin. "Mais tout l'oblige dans ce mandat-là : une Amérique bloquée politiquement, divisée entre riches toujours plus puissants et pauvres, entre une majorité blanche et des minorités - et d'ici quelques décennies, il n'y aura plus que des minorités - un pays marqué par un conflit de générations."

"Il faut que Barack Obama se révèle le magicien qu'on pensait qu'il était et qu'il n'a pas été tout à fait", a poursuivi Dominique de Villepin. "Je participe de cette déception, ce désenchantement, tout en pensant qu'il reste le meilleur artisan possible de la politique américaine", a-t-il confié. Pour l'ancien secrétaire général de l'Élysée, "on a tendance à surestimer l'importance de l'élection américaine". Elle "a un aspect hollywoodien, elle fabrique des images, du suspense". Mais "il y a un très grand décalage entre réalité de l'enjeu et l'intérêt médiatique". Au même moment, a observé l'ex-chef de gouvernement, il y a le congrès du Parti communiste chinois "qui [lui] paraît au moins aussi important et ne suscite pas le même intérêt".

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Oct 21st

Villepin dénonce les 3% et un "budget d'austérité inutilement désespérant" (AFP, le 19/10/2012)

By manu
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a dénoncé vendredi la règle européenne des 3% de déficit, de même qu'un budget en France "d'austérité et inutilement désespérant".

"Cette règle est absurde, elle est en train d'étouffer l'économie française. Trop d'austérité tue la croissance", a-t-il déclaré sur BFMTV alors que le budget 2013 prévoit un retour du déficit de la France à 3% du PIB.

"La règle, il faut l'appliquer sur de plus longues années", selon lui, plaidant pour un assouplissement du critère en Europe.

"C'est un budget d'austérité sans espoir, inutilement désespérant", a-t-il dit au sujet du projet de loi de finances examiné à l'Assemblée.

"Ces impôts en plus ne serviront à rien. Augmenter la pression fiscale (...) c'est perdre au moins un point de croissance. Cet argent en plus que nous allons solliciter des Français les plus aisés ou des classes va tomber dans le tombeau des Danaïdes", a estimé l'ancien Premier ministre, plaidant pour la réduction des dépenses de l'Etat.

"Vous ne pouvez pas réduire les dépenses de l'Etat avec 40 ministres qui, chacun de leur côté, crient, revendiquent, se mettent en scène, et ne gèrent pas leurs administrations", a-t-il dit en demandant un gouvernement resserré de 10 membres.

Il a qualifié de "bonne mesure" les résultats du sommet européen sur la supervision bancaire, plaidant pour une "Europe fédérale".

"Je préférerais que l'on insiste sur les possibilités multiples de devenir français, plutôt que l'on créé le droit de vote pour les étrangers en France. La nationalité est la clé de la citoyenneté", a-t-il par ailleurs dit.

"Il y a une droitisation de l'UMP que personnellement je regrette", a-t-il en outre déclaré, ajoutant penser que "Jean-François Copé sera soucieux d'équilibre". Rappelant qu'il n'était plus à l'UMP, l'éphémère candidat à la candidature présidentielle sous l'étiquette de République solidaire a balayé la question de son propre avenir politique: "C'est le cadet de mes soucis".

 

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