May 29th

Réflexions sur la mission de l'Etat

By Matthieu
Bonsoir,

La crise financière qui se déroule depuis 2007 entretient un débat de fond qui resurgit avec plus ou moins de vigueur au gré de l'actualité.
Je souhaite m'intéresser au rôle de l'Etat au XXIème siècle en France. C'est un vaste débat qui nécessite plusieurs posts pour être traité sans simplisme. Les points abordés ne seront pas totalement objectifs puisqu'il s'agit de participer à l'élaboration de propositions pouvant servir un mouvement à vocation politique.

Je commencerai donc par un évènement qui avait soulevé - et continue de le faire - mon indignation tout d'abord, ma perplexité voire mon trouble dans un second temps.
Il s'agit de la décision de l'exécutif de réformer la défense. Cela fait maintenant deux ans et l'on me dira qu'il est temps que d'aller de l'avant. Ou pas.
Car il y a certains domaines que j'estime être du domaine exclusif de l'Etat - ce qu'on appelle le "domaine régalien" - et la Défense en fait partie.
En 2007, le ministère de la Défense comprenait 442 122 fonctionnaires, dont 362 485 militaires (je ne compte pas les gendarmes). 
Les mesures prises en 2008 consiste à réduire les effectifs de 54 000 personnels, notamment dans la logistique.
Cela a été présenté comme les conséquences concrètes du Livre Blanc sur la Défense. 
C'est un livre épais, avec des annexes tout aussi épaisses. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec son diagnostic - qui en soi n'est pas très innovant et qui ne comporte qu'une faible part de prospective - mais peu importe. Il est important pour sa partie renseignement. Mais j'étais loin d'imaginer que les  conclusions présageaient un tel sabrage.

Je ne défends pas des effectifs pléthoriques. Je suis particulièrement sensible à l'argument selon lequel les moyens de la Défense doivent s'adapter en permanence, en fonction des à défaut d'anticiper les évolutions de son environnement. Je suis également pour une bonne interopérabilité des différentes armées permettant de monter et de projeter des forces polyvalentes le moment opportun, ce qui induit certainement une mutualisation des moyens, une réaffectations des ressources.

Mais la Défense, c'est plus que cela : c'est une manifestation concrète d'un lien qui n'est plus dans l'air. Celui qui permet à une armée d'être soutenue par une société, d'avoir sa confiance, son soutien moral. C'est une armée qui est également un des symboles de la souveraineté nationale, qui est capable de défendre et de protéger non seulement le peuple, mais également le territoire et, semble-t-il au vu des missions qui lui sont assignées depuis la chute du mur de Berlin, les valeurs dont cette société est porteuse, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières.

L'armée, c'est aussi, ai-je découvert il y a trois ou quatre ans, quelque chose de beaucoup plus pragmatique : la dernière chance pour des jeunes qui n'ont pas trouvé de place sur le "marché du travail" (et ce, aussi bien pour ceux qui n'ont pas du tout de diplôme que ceux qui en ont mais qui sont peu cotés par les recruteurs, tel en histoire), n'ont pas l'esprit d'entreprendre, qui "n'ont pas le choix"... ou estime qu'être accepté par l'armée est plus facile que de l'être par un recruteur ou de passer des concours civils.
Bref, l'armée serait de moins en moins une vocation qu'une solution par défaut. Et pour cause : je ne sais pas dans quel domaine il existe une vocation au XXIème siècle.

Car la vocation fait référence à un système de croyance et de valeur auquel on adhère. Or celui de la défense n'est pas celui qui fasse l'unanimité dans la société actuelle : devoir, honneur, obéissance, esprit d'initiative, esprit de sacrifice. Le métier de soldat a beaucoup évolué et il demande également une force de caractère, une vivacité d'esprit que peu de civils ont, je pense. Un instinct de survie, aussi, je crois, d'après les militaires que j'ai fréquentés. Mais fondamentalement, le métier de soldat est contraignant.

Il remplit également une fonction qui, si son coût est facilement quantifiable (le budget annuel et la loi de programmation), sa valeur ajoutée ne l'est pas car, précisément, la paix et la stabilité n'ont pas de prix (pour être provocateur, je dirais qu'il serait la somme de toute la richesse produite sur le territoire et hors le territoire durant toutes les années de paix cumulées entre deux guerres, et encore...).

Autre élément que les économistes et sociologues pourraient avoir plus de facilité à évaluer serait les effets structurant un territoire induits par la présence des bases militaires. Les élus l'ont bien compris aussi.

A force de réduire la Défense à une vision de plus en plus comptable - ce qui est explicable, et je pense assez sain car cela guide la meilleure affectation des ressources possible et d'identifier les domaines où les investissements sont les plus opportuns - on en vient à affaiblir sans cesse le fameux "lien armée-nation". D'ailleurs, je me demande qui serait capable de le définir - y compris parmi les élus qui ne sont pas membres de la commission Affaires Etrangères et Défense de l'Assemblée Nationale et du Sénat - ce que c'est, ce lien "armée-nation". Et ce n'est pas la JAPD qui va entretenir ce lien qui devrait être indéfectible dès lors que l'armée est considérée légitime par la société qu'elle protège.

Et je pense qu'elle est considérée d'autant plus légitime que cette société se reconnaît en elle : mode de recrutement, mode de contrôle, valeurs défendues.
Or je me demande bien comment la société française perçoit celles et ceux qui sont chargé(e)s de la protéger et de représenter.
Des engagements  sur des théâtres extérieurs décidés par un pouvoir politique élu par le peuple conduisent se déroulent dans l'indifférence générale, sauf quand il y a des morts.
Alors là, il faut voir le traitement de l'information par les media - et le manque de savoir faire des services spécialisés des armées (qui a entendu parler de la contre-attaque mener par les troupes alliés en Afghanistan dans les jours qui ont suivi l'embuscade d'Uzbin ? Qui sait que cela a mené à une victoire tactique contre les taliban ?).
Dans une société qui refuse la mort (pas uniquement par la guerre ) et l'affrontement (y compris économique), on n'accepte de parler de soldats que lorsqu'ils sont envoyés en renfort de la sécurité civile en cas de catastrophes naturelles.

L'Etat annonçant en grande pompe la réduction de plus de 50 000 personnels contribuent à entretenir l'idée que la défense peut n'être envisager que n'accomplissant que des missions d'appoint. J'avais vu la  contrepartie - le débloquage de 320 millions d'aides - comme particulièrement malhabile. Alors quoi, la défense serait un secteur comme un autre, et on compenserai par des aides la suppression de postes comme on ferait pour subventionner des entreprises pour éviter des plans sociaux ?
Le message envoyé est néfaste - et du coup, à ce moment, des officiers regroupés dans le groupe Surcouf, avaient fait part de leur désarroi.

Il appartient à l'Etat de valoriser cette mission de "service public" qui dépasse un strict aspect martial. L'Armée ne vit pas en vase clos, à l'écart de la société. Elle représente ses valeurs, et d'une coopération saine avec le secteur privé, c'est un fait qu'elle développe des passerelles industrielles avec des secteurs civils.

Il y a des missions qui sont unanimement considérées comme du ressort unique de l'Etat. La défense est une des manifestations ultimes de la souveraineté d'un Etat. On ne transige pas avec. Si l'on souhaite affecter la doctrine d'emploi des forces, les moyens, l'organisation, alors il convient de ne pas affaiblir la légitimité et la confiance que la société place dans l'institution.

- J'imagine qu'en 2020 un sous-officier, un militaire du rang, voire un officier ne se sentira pas dénigré en se présentant en tant que militaire par rapport à des amis commerciaux, consultants... qui sont rémunérés sans aucune commune mesure
- J'imagine que les forces armées pourront agir de façon autonomes, sans que leurs uniformes ne soient confectionnés à l'étranger ni que leurs balles ne soient pas compatibles avec leurs FAMAS pour cause de sous-traitance
- J'imagine que la solde des militaires reflètera leurs compétences et les responsabilités qu'ils sont amenés à prendre, du moindre militaire du rang au général cinq étoiles
- J'imagine que les entreprises fournissant des matériels de défense répondront au besoin réel plutôt que de poursuivre une surenchère technologique sans cesse plus coûteuse et fragile donc moins immédiatement opérationnelle
- J'imagine que la fierté régnera quand on prononcera l'engagement militaire de la France que ce soit pour un maintien de la paix ou pour une opération décidée de manière légale et légitime

Matthieu
Mar 25th

NS met la pression sur l'Armée

By St Nicolas
Le commandant Matelly est radié de la Gendarmerie par Sarkozy pour avoir émis un avis contraire à celui du président sur la sécurité nationale concernant la fusion Police - Gerndarmerie. Cette sanction (la plus lourde) est pronnoncée pour la première fois en France pour un simple avis.

lien France Info
Nov 3rd

Sarko, roi de la réforme, et le Balard-gone (suite)

By Christian Bitard
Sarkozy qui entreprendrait de refondre les différentes institutions militaires parisiennes dans un seul gigantesque complexe à Balard  AURAIT fait son service militaire dans ces bureaux de l'armée de l'air, où il aurait appartenu "au Groupe rapide d'intervention chargé du nettoyage" (sce : Wikipedia), c'est-à-dire : videur de corbeilles à papier dans les bureaux entre 5 heures, l'heure de sortie des bureaux, et l'heure de la soupe à 5heures 30.

MAIS tout le monde n'est pas de cet avis : le bien-nommé Général Lattrique aurait présidé à la réforme (classée P4) de notre Président bien-aimé, ce qui ne laissera personne indiférent, quand on apprendra ce que signifie qu'être réformé P4 (j'ai eu personnellement suffisament de mal à essayer de me faire réformer ainsi pour vous dire que P4, c'est pas de la tarte : c'est bien pire).

(sce : http://www.bast64.com/article-6409465.html)
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